"La nuit juste avant les forêts" - Bernard-Marie Koltès

Bref mais intense.

Une ville. Il pleut. Un homme en interpelle un autre, il a couru pour le rattraper, il ne le connaît pas, mais croit deviner en lui quelqu'un qui lui ressemble, en tous cas quelqu'un qui pourrait l'écouter, le comprendre... et donc, il lui parle, lui dit son amertume, sa désespérance, son inadéquation à une société dans laquelle sa condition d'étranger le condamne à l'exclusion, à la pauvreté et à l'absence de perspectives d'avenir.

"La nuit juste avant les forêts", c'est la voix de cet homme, son long cri de révolte. C'est aussi l'expression de son déchirant besoin de trouver un peu de chaleur humaine, de compréhension et de fraternité.
En une seule et unique phrase qui couvre les quelques soixante pages de l'ouvrage, Jean-Marie Koltès nous impose le rythme hypnotique de la logorrhée à la fois poignante et lancinante de son personnage.

L'impression est celle d'un fuite éperdue, par laquelle l'homme tente de tourner le dos à la tristesse du monde qui, inexorablement, le rattrape.

Ce texte a été écrit pour le théâtre, et on imagine aisément la force et l'émotion qui peuvent émaner de ce monologue court et puissant lorsqu'il est joué sur scène.

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