"L'intrus" - William Faulkner

"Le droit de ne pas finir un livre".
(Troisième des Droits Imprescriptibles du lecteur, par Daniel Pennac).

Je n'aurais jamais pensé que cela m'arriverait un jour, mais... j'ai abandonné la lecture d'un roman de William Faulkner, qui plus est alors que j'étais parvenue à la 240ème page d'un ouvrage qui en comporte à peine plus de 300 ! 

Il faut dire que, depuis ma PAL, l'imposant "Confiteor" me faisait de l’œil avec une insistance accrue, depuis les avis dithyrambiques que j'avais eu l'occasion de lire ICI, LA, ou encore LA, à son sujet... Ajoutez à cela les épuisantes circonvolutions stylistiques qui dotent "L'intrus" d'une lourdeur propre à assimiler sa lecture à un chemin de croix, et vous comprendrez peut-être mieux comment, pourtant grande admiratrice de l'auteur des remarquables "Sanctuaire" ou "Tandis que j'agonise", je me suis laissée gagner par le découragement. 
Par ailleurs, "L'intrus" ne propose rien de nouveau à l'ouest du paysage faulknérien...

Bourgade de Jefferson, Mississippi : les locaux n'ont toujours pas digéré l'issue d'une guerre de Sécession pourtant terminée depuis de nombreuses décennies, et restent attachés à leurs traditions ségrégationnistes.
Lucas Beauchamp vient d'être arrêté pour le meurtre de Vinson Gowrie ; ce qui donne à cet événement une dimension particulière, c'est que Lucas est noir, et que Vinson était blanc. Il n'en faut pas plus pour susciter les rumeurs d'un possible lynchage... 
Pour les habitants de Jefferson, la principale raison de la culpabilité de Lucas réside dans sa couleur de peau, et l’inacceptable arrogance dont il a toujours fait preuve, en refusant d'honorer les blancs du titre de "mister", et en arborant un air de dignité impropre à sa condition. En assassinant Vinson, il s'est finalement comporté comme le noir qu'il est, et devra être châtié en tant que tel.
Alors qu'il accompagne son oncle, l'avocat Stevens, lors d'une visite à Lucas, en prison, le jeune Charlie, seize ans, conclut avec le suspect un pacte étrange, dans le but de démontrer son innocence. 

Le thème de "L'intrus" est certes intéressant (même s'il s'agit d'un thème récurrent dans l’œuvre de Faulkner), et l'auteur s'y entend pour restituer une atmosphère prenante, faite de silences pesants mais significatifs. Malheureusement, la complexité de son style a fini par me détacher complètement du récit...


Sinon, William Faulkner, c'est aussi... :

Commentaires

  1. Ah c'est dommage, je voulais lire ce roman mais là je ne suis plus certain. Faulkner est un rare écrivain que je trouve toujours excellent.......mais je vais peut-être le lire pour voir si je suis d'accord avec toi. ;)

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  2. Bonjour Jimmy,

    Attention, je ne dis pas que L'intrus est mauvais. Disons que j'ai trouvé que la complexité de son écriture est aux dépens de l'intérêt que suscite le récit. C'est une lecture qui nécessite un effort que je n'étais pas disposée à faire à ce moment-là...
    Je serais curieuse d'avoir un autre avis (en l’occurrence le tien), sur ce texte...

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  3. C'est la troisième fois que le le lis et à chaque lecture je pénètre plus profondément dans l'histoire , des détails anodins à premières lectures apparaissent et complètent ma vision du récit. Certes ce n'est pas le roman idéal pour aborder l'oeuvre de Faulkner mais quand on y pénétré entièrement il se révèle d'une richesse incroyable.

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    1. Bonsoir cher anonyme,

      Je ne doute pas de la richesse de ce roman, mais sa complexité m'a empêché de l'apprécier, et je ne m'imagine pas le relire... En revanche, j'ai l'intention de lire Le bruit et la fureur.
      Je dois avouer que j'étais presque déçue -par moi-même- de ne pas être parvenue à accrocher à ce roman, c'est la première fois que cela m'arrive avec Faulkner, dont j'ai adoré les autres titres que j'ai pu lire.

      A bientôt, et bonne soirée.

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