"Le passé imposé" - François Blistène

Un petit problème de dosage...

On entre dans la maison où a grandi Philippe Pontagnier, personnage du "Passé imposé", comme dans le récit de Francois Blistène.
La décoration y est soigneuse, très travaillée mais un peu surchargée.
On continue tout de même : l'histoire de ces lieux est fort alléchante, et le style, quoique pompeux, offre parfois de jolis moments de lecture.

Philippe Pontagnier se retrouve à dix-neuf ans brutalement orphelin. Après l'hébétude que provoque davantage la surprise qu'un véritable chagrin, il met à profit sa solitude et une confortable situation financière pour vivre enfin comme il l'entend. Finies les frivolités, à bas les mondanités. Pontagnier vivra reclus dans sa gigantesque et infranchissable demeure. Seulement, parvenu à un certain âge, le besoin de perpétuer son nom le titille... Ayant trouvé une femme soumise et discrète, apte à procréer, il s'entoure bientôt de trois enfants qu'il élèvera, loin des turpitudes et des tentations du monde moderne, selon de rigoureux principes.
Culture et exemplarité, exigence intellectuelle sont les maitres mots d'une éducation que pour parfaire, il est obligé de faire pénétrer un tiers dans sa forteresse. Ses aînés sont alors adolescents, en plein bouillonnement hormonal, et leur envie de découvrir un monde extérieur source de fantasmes devient peu à peu une obsession.

Le foisonnement de métaphores, l'humour caustique et le ton distancié qu'utilisent l'auteur auraient pu faire de la lecture de ce roman un moment mémorable. Mais l'alchimie n'a pas prise. J'ai eu l'impression que François Blistène, à trop vouloir en faire, versait dans l'étalage d'érudition, aux dépens d'une légèreté qui affleure parfois, mais qu'une écriture trop sophistiquée finit par plomber.

Avide de découvrir malgré tout les aventures des jeunes Pontagnier parachutés dans le monde moderne, mon intérêt n'a pas perduré bien longtemps...
Leur facilité à se conformer au mode de vie qu'impose une société de l'uniformisation et de la consommation, les rend finalement banals et décevants.

L'atmosphère ténébreuse et anxiogène, elle aussi prometteuse, qui régnait dans la demeure familiale, se dissipe, affadissant l'intrigue.

Dommage...

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