"Des noeuds d'acier" - Sandrine Collette

"Misery" chez les ploucs.

Sa peine purgée, Théo, condamné pour avoir battu son frère au point de le rendre infirme -une sombre histoire de jalousie et de rivalité- sort de prison.
Suite à un concours de circonstances que je ne détaillerai pas ici parce qu'il n'a pas vraiment d'importance, il se retrouve en fuite, et échoue dans une chambre d'hôte miteuse, au cœur d'une région isolée.
Lors d'une promenade, il est kidnappé par deux vieux frères, qui l'enferment, enchaîné, dans la cave obscure de leur misérable masure. Il sera leur esclave, voué à s'échiner chaque jour aux travaux les plus difficiles, aux tâches les plus humiliantes.

Bon, l'histoire de la séquestration, on nous l'a déjà faite, et plutôt bien, d'ailleurs. Le synopsis du roman de Sandrine Collette n'a donc rien de vraiment original, et son écriture, bien que d'une fluidité agréable, n'est pas non plus de celles qui sortent de l'ordinaire.

Malgré tout, "Des nœuds d'acier" est un roman à l'intrigue efficace, qui se lit facilement. Théo étant le narrateur, le lecteur a le sentiment d'être immergé dans l'action, de vivre au plus près son sordide voyage au bord de la démence. Il faut dire que l'auteure sait ménager son suspense, et décrit avec crédibilité les diverses phases psychologiques et physiques par lesquelles passe son prisonnier. La rage du début est rapidement occultée par la peur, l'instinct de survie supplante la fierté. Sandrine Collette amène progressivement son héros à un état quasi animal, pris par la routine cauchemardesque qui finit par émousser sa combativité, et tout espoir de fuite.

Un honnête thriller, en somme...

Commentaires

  1. Comme tu le dis, l'histoire de la séquestration, on nous l'a déjà faite, comme tu le dis, l'écriture n'a rien de profondément nouveau ... Et moi, j'ai vraiment coincé sur la crédibilité (alors que je peux m'en moquer complètement par ailleurs), mais c'est peut-être parce que l'histoire est campée dans un milieu plutôt réaliste ( du moins qui se veut comme tel) , que j'ai coincé. Et la sœur, ça été le trop ! N'empêche que je lirai sans doute le dernier, quand il sera en poche, histoire de creuser la chose ... Parce que j'ai beaucoup aimé les dernières, toutes dernières pages, de celui-ci.

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    1. Ce manque de crédibilité que tu évoques ne m'a personnellement pas gênée, mais je ne crois pas en revanche que je relirai cette auteure.
      Rien ne m'a vraiment interpellée dans ce récit..

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  2. Je viens juste de lire ce roman (j'en parlerai sur mon blog de polar le week-end prochain) et comme toi, tout en lui trouvant des qualités, je ne suis pas emballée plus que ça (problème de crédibilité comme le dit Athalie, et surtout pour moi de crédibilité du dispositif narratif). Je suis donc un peu surprise par les prix qu'il a reçus...

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    1. Bonjour Liresurunbanc (quel joli pseudo !),

      J'irai lire ton avis avec intérêt... je crois m'être déjà promenée vers chez toi.

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  3. ça ne me tente guère, j'ai lu Les morsures de l'ombre de Karine Giebel, une autre histoire de séquestration dont j'avais lu plutôt du bien, et qui m'a plutôt ennuyée qu'autre chose...

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    1. Franchement, c'est un titre dispensable...

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