"Quand vient la nuit" - Dennis lehane

Un certain manque de profondeur...

Lors d'un passage à la librairie -tout à fait fortuit, s'entend-, il y a de cela quelques semaines, je me suis étonnée de trouver sur la table des dernières parutions du rayon polar, un nouveau roman de Dennis Lehane. A vrai dire, j'étais surtout un peu vexée à l'idée que l'un de mes auteurs préférés ait sorti un titre sans que je sois prévenue. Même pas un mot de cet événement sur le site de Jean-Marc...

C'était tout de même bizarre. J'ai commencé à comprendre en examinant plus attentivement l'ouvrage, quelques heures après l'avoir acheté -bah oui, y'en a bien qui craquent pour la dernière petite robe noire de chez Kookai-, et en découvrant sa véritable nature. "Quand vient la nuit" est surtout un film, dont Lehane est le scénariste, et le livre que j'avais entre les mains était inspiré de son scénario.

Mon enthousiasme a brutalement été refroidi (mais ma susceptibilité en revanche, a été quelque peu rassérénée). L'avantage, c'est que je n'attendais pas à ce que cette lecture soit un coup de cœur, ce qui limite les risques d'une déception. Mais moi qui attend, depuis "Un pays à l'aube", le retour du grand Lehane, j'ai dû me résigner à attendre encore...

Pour autant, la lecture de "Quand vient la nuit" ne fut pas désagréable. Le récit est plutôt efficace, centré sur Bob, anti-héros solitaire à l'esprit simple, qui travaille comme barman dans l’établissement bostonien de son cousin Marv. En réalité, ce dernier n'est plus, depuis plusieurs années, propriétaire du bar, qui sert de relais au transit des fonds de la pègre originaire d'Europe de l'est, dont la mainmise sur la plupart des trafics et les méthodes sanguinaires font peser une chape d'angoisse sur les épaules des tenanciers locaux. Les ennuis commencent avec le cambriolage du "Cousin Marv" et le retour en ville d'Eric Deeds, dégénéré notoire, qui cherche inexplicablement des noises à Bob...

J'ai vu "Quand vient la nuit" comme un résumé d'une œuvre de Lehane. On y retrouve certains des éléments avec lesquels il élabore généralement ses intrigues : des personnages meurtris, hantés par les démons d'un passé qu'il préfèrent occulter, une ambiance anxiogène, alimentée par un contexte social sordide et un environnement dangereusement malsain... mais tout cela ne semble former qu'une ébauche, et souffre de l'absence de ce qui fait des meilleurs romans de Dennis Lehane des œuvres inoubliables : la densité et la profondeur.

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Commentaires

  1. J'ai vu et aimé le film (chroniqué) et je savais que le livre était en fait une novelisation, ce qu'en général ni les lecteurs ni les cinéphiles n'aiment beaucoup. Il me semble que Dennis Lehane est mûr pour passer derrière la caméra. Enfin c'est mon impression.

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    1. Je n'ai personnellement pas vu le film. J'espère juste que s'il passe derrière la caméra, il continuera tout de même de temps en temps, à prendre sa plume, pour nous livrer des textes à la hauteur de ses premiers romans..

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  2. J'en suis resté à "Un pays à l'autre" avec cet auteur. J'avais adoré d'ailleurs !

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    1. J'ai adoré aussi, et été déçue par tout ce qu'il a publié ensuite...
      Les premiers volets de la série Kenzie et Gennaro sont en revanche pour moi des indispensables (Un dernier verre avant la guerre, et surtout Ténèbres prenez-moi la main ou Gone, baby gone).

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  3. Où est passé mon commentaire ???

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    1. Ma foi, je ne l'ai pas vu par ici...
      Que disait-il ??

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    2. C'est bizarre...
      Je disais que je croyais que "Quand vient la nuit" était l'adaptation ciné de "Ils vivent la nuit" et que du coup le livre ressortait sous le titre du film comme ça arrive parfois...

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    3. Dans les premières secondes où j'ai découvert ce titre, j'ai moi-même cru qu'il s'agissait d'une réédition vivent de "Ils vivent la nuit", intitulée différemment...

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  4. j'avais beaucoup aimé "un pays à l'aube" mais celui là ne me tente pas

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    1. Et tu as raison car tu risquerais d'être déçue... ça se lit facilement, mais on est à des lieux de l'ampleur d'un roman comme Un pays à l'aube.

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