"Rainbow Warriors" - Ayerdhal

Un plaisir inégal...

J'ai eu dans un premier temps un peu de mal à entrer dans ce roman. Il faut dire que le pari d'Ayerdahl est osé, et que faire adhérer les lecteurs à son projet, qui d'emblée parait peu crédible, bien que fort sympathique, tient de la gageure...

Geoff Tyler, général à la retraite, réputé pour avoir été une tête brulée, est recruté par une armée peu ordinaire, pour une mission à la fois dangereuse, humanitaire et hasardeuse. Il s'agit de mener un régiment de LGBT (acronyme pour Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) à renverser le dictateur d'un petit pays africain, où les droits de l'homme sont bafoués quotidiennement, les minorités sexuelles y risquant la mort.

Ce qui surprend ensuite, et rend admiratif, c'est l'équilibre que l'auteur instaure entre un ton humoristique, entretenu par les dialogues tout en auto-dérision de certains de ses personnages et les multiples clins d’œil dont il truffe son roman -certains de ses héros s'inspirant ouvertement de célébrités bien réelles-, et le sérieux, la minutie avec lesquels il tisse son intrigue.

Car "Rainbow Warriors" est un roman d'une grande maitrise. L'auteur mêle stratégie militaire, problématiques géopolitiques et discours humaniste avec brio, le tout saupoudré d'une pincée d'espionnage, d'une sacrée dose de suspense, et d'un souci maniaque de la précision. Cela a son revers... certains passages, techniquement trop détaillés, m'ont paru un peu longs, et j'avoue m'être parfois un peu perdue parmi la profusion de personnages mis en scène. De même, cette multitude de protagonistes m'a parfois fait regretter que l'on ne s'attarde davantage sur certains d'entre eux. Car si Ayerdhal compte un autre talent, c'est celui de camper des héros ou des héroïnes originaux, charismatiques et attachants.

Et puis... parvenue environ aux deux tiers du roman, c'est comme s'il avait entendu mes réserves : la dernière partie de "Rainbow Warriors" est excellente. Les événements s'y enchainent à un rythme frénétique, et une place de choix est faite aux personnages les plus marquants, qui se voient octroyer un rôle à leur mesure... Il m'est alors devenu impossible de le lâcher !

Ce fut donc une lecture en plusieurs étapes, pourvoyeuse d'un plaisir fluctuant... En gardant le meilleur pour la fin, l'auteur m'a laissé sur une bonne impression, mais pas suffisamment pour que j'oublie complètement l'ennui ressenti dans un premier temps... 


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Commentaires

  1. Menfin, s'ennuyer au début de Rainbow Warrior ! En plein entraînement des bras cassés ? Pour le recrutement du général ?
    Ma fille, pour votre pénitence vous lirez Bastard et Etoiles mourantes écrit à 4 mains avec Dunyach !

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    1. Bah oui, je crois qu'il m'a fallu beaucoup de temps avant de m'adapter à ce mélange de cocasserie et de technique. Je t'avoue même avoir hésité à persévérer...

      Bon, cela ne m'empêchera pas de lire à nouveau Ayerdhal..

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