"Esclaves heureux" - Tom Lanoye

Tony et Tony sont sur le même bateau...

Constater que le blog de la librairie Dialogues proposait à la lecture le dernier roman du flamand Tom Lanoye m'a ravie, car je venais tout juste de noter ce titre suite à l'article élogieux dont il faisait l'objet dans je ne sais plus quel journal. Autre heureux hasard, cette lecture entre dans le cadre de l'activité L'Europe des écrivains, animée par Sandrine, la Belgique étant à l'honneur en ce début novembre.

Cette introduction énoncée, je suis bien embêtée... je n'ai pas vraiment accroché à "Esclaves heureux", mais j'éprouve quelques difficultés à pointer les raisons de ce manque d'enthousiasme. Est-ce dû à ses personnages si peu attachants ? A sa tonalité, que j'ai trouvé relativement terne ? Au rythme un peu poussif qui plombe le début de l'intrigue ?

Je dois pourtant admettre que ce roman ne compte pas que des défauts... à commencer par sa thématique, et l'originalité de son synopsis. 

C'est l'histoire de Tony Hanssen et de Tony Hanssen. Ces deux homonymes ne se connaissent pas, mais les aléas du destin vont les faire se rencontrer dans de curieuses circonstances. En attendant, le récit alterne entre leurs tribulations respectives. Pendant que l'un d'eux lutine laborieusement, dans une chambre de Buenos Aires, la richissime épouse d'un magnat chinois auprès duquel il est endetté, l'autre, clandestinement embusqué dans un parc national sud-africain, tient dans son viseur le rhinocéros qu'il a l'intention d'amputer de sa corne.

Le premier a laissé derrière lui sa Belgique natale et tous ses proches pour rouler sa bosse plusieurs années durant comme steward et gigolo sur un bateau de croisière. 
Le second, informaticien brillant et roublard, a pris la fuite pour éviter que la banque qui l'employait lui fasse porter la responsabilité de sa faillite. La vente de la corne devrait lui permettre de se refaire financièrement, et de retrouver sa femme et sa fille qu'il n'a pas vues depuis un an.

Deux individus a priori bien différents... 
L'un, désabusé et baroudeur, a souvent joué de malchance. L'autre, avide de réussite sociale, a l'arrogance de ceux qui sont persuadés de leur supériorité.
Et pourtant, ils ont comme point commun de courir après les mêmes chimères dont il finissent par être tous deux victimes. Convaincus du lien entre survie et aisance financière, ils s'accrochent à une idée de l'existence qui s'avère vaine et superficielle, et ne donnent jamais l'impression de s'en rendre compte. Êtres finalement pathétiques, obéissant aveuglément aux règles impitoyables et iniques d'un monde effectivement régi par l'argent, ils semblent se précipiter vers l'inévitable chute que provoquera la rencontre avec plus fort qu'eux...

La volonté de l'auteur de traiter son sujet avec un humour cynique est manifeste, et certains passages sont effectivement réjouissants, car drôles et acerbes à la fois, mais j'ai trouvé que l'ensemble manquait un peu de mordant, notamment la première moitié de l'ouvrage, qui comporte selon moi trop de longueurs. J'ai en davantage apprécié la seconde -qui voit la réunion des deux homonymes-, au rythme plus enlevé.

Je sors par conséquent de cette lecture, qui ne me laissera pas un souvenir marquant, avec un sentiment mitigé...

Commentaires

  1. Je ne connais pas du tout cet auteur-là et aucun de ses livres n'était disponible en bibliothèque. Je l'écouterai avec attention lors de l'émission. Merci de ta participation !

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    1. Je ne le connaissais pas non plus avant de lire des éloges à son sujet dans la presse. Le côté "langue flamande" m'a intrigué, bien qu'évidemment, je ne l'ai pas lu en VO. Mais je me disais que j'y trouverais peut-être un esprit inhabituel... J'ai lu d'excellents avis sur La langue de ma mère, mais je ne sais pas si je lirai à nouveau cet auteur.

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  2. Bon, bon, bon... Cette moisson belge n'est décidément pas terrible ! Heureusement que Sandrine a eu plus de chance que nous. ;)

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    1. Tu as participé aussi pour la Belgique ? Je m'en vais de ce pas lire le résultat de ton expérience !

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