"Bacchiglione blues" - Matteo Righetto

"... l'air humide était comme un morceau de pain trempé dans l'eau putride".

Après l'intimiste et sensible "Ouvre les yeux", j'ai découvert avec "Bacchiglione blues", une tout autre facette du talent de Matteo Righetto.

Il nous livre avec ce drôle de polar le récit d'une pitoyable odyssée, mettant en scène un trio que n'auraient pas renié Les pieds nickelés.

Tito Pasquato ne supporte plus la médiocrité de son existence, le boulot de facteur qu'il a obtenu à sa sortie de prison, les amours expéditives et tarifées... Mais tout va changer, grâce à la rançon qu'il a l'intention d'obtenir en enlevant l'épouse d'un industriel du sucre. Il associe à son projet deux amis : Toni dit L'aromate (ainsi surnommé en raison de la pestilence de ses pets) et Ivo dit Tringlebouc (je vous laisse imaginer l'origine de ce pseudonyme).

Voilà donc nos trois compères à bord du vieux Ducato trafiqué de Tito, en route pour des aventures dont on soupçonne d'emblée, au vu de leur bêtise, l'issue désastreuse. Laids et sales à faire peur, maladroits, vulgaires et de surcroît méchants, ils parviennent néanmoins à kidnapper leur proie, qu'ils emmènent dans une masure isolée sur les berges du fleuve Bacchiglione, le temps d'organiser l'échange de la dame contre le million qu'ils comptent réclamer au roi du sucre.

S'ensuit une succession d'épisodes rocambolesques, pimentés de rebondissements délirants et d'apparitions improbables, un ragondin blanc et des témoins de Jéhovah se retrouvant bien malgré eux mêlés à l'affaire...

La forme est à l'unisson de l'intrigue, à la fois burlesque et énergique : l'écriture est efficace, le texte truffé d'images d'un lyrisme volontairement caricatural, les héros font les frais, de la part de l'auteur, d'un humour souvent vache.

C'est drôle, vif, et mouvementé... une lecture parfaite pour la plage !

Commentaires

  1. J'ai une grande aversion pour la plage, mais je note quand même ce roman et surtout l'auteur qui me semble de plus en plus incontournable.

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    1. Je n'aime pas non plus la plage, mais c'était plus parlant que de dire que ce roman est fait pour la montagne (où je rends dès demain) !!
      En tous cas un auteur à découvrir en effet, je n'ai lu que deux de ses titres, mais ils dénotent une capacité à explorer des genres très différents assez intrigante.

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  2. Ohlala je note, je note ! Le titre pour le burlesque, le rocambolesque et l'humour qui, à vue de nez comme ça, devraient me plaire, et l'auteur que je ne connais pas du tout, mais s'il a plusieurs cordes à son arc et ne manque pas de ressources, il m'intéresse forcément.
    (ça y est, j'ai emprunté Glose. Je devrais le lire après Confiteor, ma mission pavéesque cette année. Quoique je rajouterais bien Au revoir là-haut... Je rattrape un peu mon retard de rentrées littéraires, haha !)

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    1. Et il se lit en un rien de temps !
      Je t'envie de n'avoir pas encore lu Confiteor, j'en garde un souvenir ébloui, et j'attends avec impatience ton avis sur Glose !

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