"Le dimanche des mères" - Graham Swift

Mauvaise pioche...

Je serai brève, car je n'ai gardé quasiment aucune trace de ce roman pourtant lu il y a quelques semaines, et qui a en ce qui me concerne réussi l'exploit de ma paraître bien long malgré sa petite centaine de pages....

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'Angleterre panse encore ses plaies, les familles portent le deuil des fils ou des époux tués sur le front. 

L'auteur évoque une journée, le dimanche des mères, jour de congé pour les employées des riches maisons dont les propriétaires profitent pour se réunir autour d'un pique-nique ou d'un repas au restaurant. 

Orpheline, Jane n'a pas de mère à visiter. Aussi, ce congé est pour elle l'occasion de rejoindre son amant Paul, fils d'aristocrates, pour la première fois dans la demeure familiale de ce dernier, dont les occupants -maîtres et personnel- ont quitté les lieux pour la journée. 

Ce sera d'ailleurs leur dernier rendez-vous, puisque le jeune homme va bientôt se marier.

D'emblée, ma lecture a été poussive, plombée par un début d'intrigue qui s'étire, s'étiiiirrrre... le récit est truffée de redondances, tournant inlassablement autour des mêmes considérations et des mêmes gestes, répétant, à partir d'un épisode concentré sur quelques heures mais qui finit par devenir interminable, ce qui fût et ce qui aurait pu être, comme pour créer une confusion entre hypothèses et réalité.

...

(Là, il a fallu que je relise mes notes pour me souvenir de la suite).

...

La suite, donc... est sans doute censée éclairer l'importance donnée à la scène de la rencontre entre les deux amants, qui nous est relatée avec le recul d'une quarantaine d'années, du point de vue de Jane, devenue écrivaine, notamment grâce à son maître de l'époque, qui lui a donné accès à sa bibliothèque, faisant naître sa passion pour la lecture, et lui faisant réaliser que sortir de sa condition était possible.

Quel rapport, me dires-vous, entre la vocation que s'est découvert Jane, et son ultime rendez-vous avec celui qui restera à jamais son premier amant ?

Et bien, je dois avouer que je ne l'ai pas vraiment saisi moi-même. J'ai bien compris qu'il était question, à travers ce roman, de la manière dont la réalité peut indirectement nourrir la fiction, des mécanismes de l'inspiration, mais j'ai trouvé que ce propos n'était pas suffisamment mis en valeur par le choix narratif de l'auteur. 

Bref, je suis passée complètement à côté de ce récit qui a pourtant séduit tant de lecteurs, dont Kathel, chez qui j'ai pioché ce titre. 

Commentaires

  1. Comme tu es dure avec ce livre! Mais tu en as le droit. Pour ma part je l'avais vraiment apprécié et je garde un bon souvenir du personnage que l'auteur a créé, et aussi de l'atmosphère de liberté temporaire, de moment-charnière, et ce regard que Jane porte sur son passé. Tu me donnes même envie de le relire, tiens, et pas plus tard que ce mois-ci!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, je suis peut-être un peu sévère, il a sans doute des qualités, mais je n'ai vraiment pas du tout accroché, je voyais bien quel était le but de l'auteur, mais il ne m'a pas convaincu... ce n'était pas un roman pour moi !

      Supprimer
  2. Un roman plutôt bien aimé sur les blogs, mais j'hésite j'hésite... Et comme d'ordinaire tes enthousiasmes sont assez les miens, je pense que tes ennuis aussi, alors autant zapper...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'en serais presque désolée, notamment quand je lis le commentaire de Passage à l'Est, mais je persiste... chaque jour qui m'éloigne de cette lecture la plonge dans une nébuleuse d'oubli, ne me laissant que le souvenir d'un profond ennui..

      Supprimer
  3. Ah ! Enfin un avis qui rejoint ce que j'ai ressenti à la lecture de ce roman dont je n'ai laissé aucune trace sur mon blog, tellement je n'avais rien à en dire... Je m'y suis ennuyée ferme !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah, tu me rassures un peu ! J'ai hésité à publier ce billet (que je trouve d'ailleurs un peu confus car trop expéditif...) parce que comme toi, je n'étais pas inspirée, mais comme j'avais pris quelques notes, je me suis dit qu'il fallait bien qu'elles servent à quelque chose..

      Supprimer
  4. Je n'avais pas repéré ce livre mais il ne me tente pas plus que ça...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et ce n'est pas moi qui essaierai de te convaincre, comme tu l'auras compris...

      Supprimer
  5. C'est vraiment surprenant, comme ce roman partage ! Je l'ai trouvé particulièrement fin et séduisant, surtout par les non-dits, et tout ce qui est laissé à l'imagination du lecteur... mais je pense qu'à un autre moment, après d'autres lectures, ou si j'avais eu "la tête ailleurs" j'aurais peut-être eu le même ressenti que toi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, c'est peut-être en partie une question de moment... mais je me souviens qu'il m'était arrivé un peu la même chose avec "Auprès de moi toujours" d'Ishiguro : les non-dits m'avaient prodigieusement agacée parce que je ne les avais pas trouvés à la hauteur de ce qui nous est révélé ("beaucoup de bruit pour rien", en somme...)..

      Supprimer
  6. j'ai eu aussi ce souci avec deux ou trois lectures presque totalement oubliées - j'étais obligée d'aller voir des critiques sur le web pour m'en souvenir ! pas bon signe ... tu prends des notes tout au long de ta lecture du coup ? je suis curieuse :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'essaie d'éviter autant que possible d'aller lire d'autres critiques pour rédiger la mienne, de peur d'être influencée, mais je le fais parfois, notamment pour me remémorer certains points de l'histoire, voire le nom de certains personnages (là non plus, ce n'est pas très bon signe !). Du coup, je m'efforce de prendre des notes sur l'histoire, et sur les réflexions qui me viennent pendant la lecture, sur le style, les émotions qu'elle procure, les thématiques abordées... ceci dit, je ne le fais pas systématiquement, d'abord parce que j'ai rarement de quoi noter à portée de main (notamment si je suis dans les transports, il m'arrive parfois de prendre des notes sur mes carnets de chèque ou sur de vieux tickets de caisse..), parfois parce que je n'en ai pas envie (je suis par exemple en ce moment plongée dans un thriller qui me donne juste envie de le dévorer d'une traite, sans rien faire d'autre), et parfois parce que je ne suis pas du tout inspirée... quand je ne note pas, je corne les pages où je trouve des passages susceptibles de me fournir une citation ou significatifs de ce que j'aurai envie d'exprimer dans ma future note, mais souvent, quand j'y reviens, je ne sais plus pourquoi je les ai cornées...

      Supprimer
  7. Les avis sont finalement très contrastés sur ce roman ; je ne l'ai pas lu et je ne vais pas courir après. Ceci dit, si on me le mettait dans les mains, je testerais quand même !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. De mon côté, je n'avais lu que des avis positifs à son sujet...

      Supprimer
  8. Pour ma part, je m'étais complètement laissée embarquer dans cette lenteur. ... Cette parenthèse dans le temps que fut ce jour du dimanche des mères pour la narratrice. C'est rare que nos avis divergent autant !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne me souvenais pas que tu l'avais lu, ou j'étais passée à côté de ton billet, que je viens de (re ?)lire... en effet, pour une fois, je ne rejoins ni ton avis, ni celui de Kathel (c'est assez rare aussi...). L'écriture de Swift ne m'a pas du tout parlé..

      Supprimer
  9. ah bon? Je me souviens avoir adoré adoré le début et beaucoup moins la seconde partie. Mais tu as le droit d'être passée à côté :)

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Compte tenu des difficultés pour certains d'entre vous à poster des commentaires, je modère, au cas où cela permettrait de résoudre le problème... N'hésitez pas à me faire part de vos retours d'expérience !