"Faute de temps" - John Brunner
"L’humanité devait être en train de perdre la bataille : tout espoir de reconstruction sapé, toute ambition réduite à celle de survivre."
Or, une nuit, il est réveillé d’un de ces cauchemars, dont l’horreur est exhaussée par la vision d’une phalange détachée de sa main, par la police qui frappe à sa porte, devant laquelle un vagabond, en fort mauvais état, s’est écroulé. Et comme Max est médecin…
L’homme présente les symptômes d’une mystérieuse maladie, la même que celle qui a emporté le fils des Harrow, probablement dû aux ravages génétiques produits par les radiations nucléaires. Or, il paraît impossible d’atteindre l’âge adulte avec le niveau d’irradiation que révèlent les examens effectués sur le vagabond, qui parle par ailleurs un étrange dialecte dérivé de l’anglais. Autre détail fort angoissant : le patient a été retrouvé avec la phalange d’un doigt dans une main…
Décidé à éclaircir ce mystère, le médecin mène l’enquête.
Ne lisez pas la quatrième de couverture, pour vous laisser surprendre par le dénouement final !
Novella écrite en 1963, dans un contexte post atomique traversé par la question de l’arme et des essais nucléaires (alors abondamment pratiqués par les cinq plus puissantes nations du monde), "Faute de temps" est hanté par l’idée de la dévastation et de la dilapidation du monde qui sera laissé aux générations futures.
C’est un texte fort oppressant, qui plonge le lecteur dans une ambiance d’opacité délétère, John Brunner l’émaillant de descriptions aussi angoissantes qu’imagées (j’ai notamment relevé le blanc de l’œil qui luit de la phosphorescence du poisson qui pourrit) qui suscitent une impression d’horreur constante.
Merci à Marilyne😉pour le cadeau et la découverte de la collection Dyschroniques des éditions Le passager clandestin.
Une première participation à l’activité Bonnes Nouvelles, proposée par Doudoumatous


Merci pour cette belle proposition qui inaugure ta participation au challenge. Je lis peu de SF ou anticipation mais cela m'arrive de temps en temps. De nombreux auteurs du genre figurent dans ma liste de livres préférés (comme 1984, Le meilleur des mondes, etc). Je ne connaissais pas John Brunner. Il n'est pas dispo dans ma bibli de quartier mais je le note au cas où l'un de ses livres croiseraient mon chemin ailleurs. Le format de la nouvelle est idéal pour découvrir de nouveaux auteurs, je trouve.
RépondreSupprimerExactement ! et cette collection est en cela idéale, puisqu'elle propose de découvrir des auteurs SF méconnus et/ou oubliés via un texte court. Je ne connaissais pas non plus John Brunner, ce petit livre est un cadeau de blogueuse, et j'ai eu grand plaisir à le découvrir à l'occasion de ton challenge.
SupprimerCe sont des nouvelles mais tu ne racontes qu'une seule histoire ?
RépondreSupprimerParce qu'il n'y en a qu'une ! Ce n'est pas un recueil, il n'y a qu'un texte dans l'ouvrage. Comme je le précise ci-dessus, il s'agit d'une collection spécifique de la maison d'édition Le passager clandestin, spécialisée en SF. Voici leur présentation de ladite collection :
Supprimer"Quand les futurs d’hier racontent notre présent…
« Dyschroniques » exhume des nouvelles de science-fiction ou d’anticipation, empruntées aux grands noms comme aux petits maîtres du genre, tous unis par une même attention à leur propre temps, un même génie visionnaire et un imaginaire sans limites.
À travers ces textes essentiels se révèle le regard d’auteur·ices d’horizons et d’époques différents, interrogeant la marche du monde, l’état des sociétés et l’avenir de l’humain."
Cette nouvelle existe à ma bibli, mais ... exclue du prêt, grrr. La couverture est parfaitement horrifique. ^_^
RépondreSupprimer"Exclue du prêt" ? C'est-à-dire ? Ils ont des livres qu'ils ne prêtent pas ? A lire sur place alors ?
SupprimerJe l'ignore. Ce n'est pas un incunable. ^_^
SupprimerAu début ça se présentait mal, mais tu as réussi à rendre cette nouvelle bien intrigante sur la fin !^^
RépondreSupprimerLa chute est en effet inattendue, et bien trouvée..
SupprimerJ'aime bien cette collection qui réédite beaucoup de Grands Anciens de la SF. Il y a aussi des nouvelles de cette même longueur à peu près dans la collection "Une Heure Lumière" au Bélial'.
RépondreSupprimerJe note, j'aime ces brèves incursions dans l'imaginaire..
SupprimerTiens, bonne idée que cette collection à un titre ! Moi qui n'aime pas trop la SF, cela me permettrait d'en lire quand même (parce que toujours curieuse ...) sans trop de risque de me lasser. En plus, les propositions sont assez variées entre "classiques" et auteurs inconnus ( du moins de moi ...)
RépondreSupprimerJe ne suis guère experte du genre non plus, mais j'aime bien, de temps en temps. Ces courts volumes sont donc en effet bienvenus !
Supprimeren quoi est ce "une bonne nouvelle" ? pas trop adepte du genre "SF" mais ce billet me ferait changer d'avis.
RépondreSupprimerC'est une bonne nouvelle du point de vue du genre, mais en effet une très mauvaise si l'on se réfère au propos !!
SupprimerN'hésite pas à te lancer, c'est un texte court, et malgré son "ancienneté", il acquiert pour le lecteur d'aujourd'hui une résonnance funeste..
Ravie que tu aies apprécié la découverte de cette collection malgré le choix d'un texte oppressant. Belle année à toi.
RépondreSupprimerOh mais le fait que ce soit oppressant n'a pas été un problème, au contraire, j'aime bien ! Merci encore et très belle année à toi aussi, j'espère que nous aurons l'occasion de te relire bientôt...
SupprimerJe suis tout à fait d'accord sur le fait que ce qui est oppressant/angoissant, n'est pas nécessairement négatif dans le champ artistique. Cela peut même être un ferment d'expérience positive face à une oeuvre. J'écrivais justement ce qui suit, il y a quelques jours, sous une vidéo de "Les séries du Belge" intitulée "Comment l'homme invisible est né et a évolué..."
SupprimerBien à vous.
Benoit
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Les séries du Belge - Comment l'homme invisible est né et a évolué...
C'est étonnant, je trouve, cette désaffection pour la science-fiction, ces années-là, alors qu'il y a eu, avant cela, des séries de science-fiction incroyables, comme "La Quatrième Dimension" et "Au-delà du réel", qui lui ont donné des lettres de noblesse et ont marqué les générations qui les ont vues à l'époque, ou des séries où, mine de rien, la science-fiction montre le bout de son nez, comme dans "Chapeau melon et bottes de cuir" (je pense notamment aux épisodes avec les "cybernautes", qui m'avaient un peu angoissé), "Les Mystères de l'Ouest" ou "Le prisonnier".
Quand je pense à ces cinq séries, je me dis que chaque épisode y était "puissant", alors qu'avec beaucoup de séries ultérieures, j'ai un sentiment de "mollesse", notamment avec ces séries de "L''Homme Invisible", mais aussi beaucoup de séries policières. Cela me donne un sentiment que, dans les cinq séries que je cite, il y avait de l'ambition, tandis que dans les séries "L'homme invisible" et beaucoup d'autres, il y avait une forme de paresse. Il y avait pourtant des séries de "Hard SF" comme "UFO Shado", "Cosmos 1999" ou "Star Trek", qui ne manquaient pas d'ambition, et qui, elles, m'ont vraiment marqué.
Une chose que je remarque, dans ces séries que je cite, c'est que les épisodes de ces séries avaient un côté un peu angoissant, pour l'enfant sensible et impressionnable que j'étais, mais juste la bonne dose pour que ce soit marquant, sans être désagréable, juste la bonne dose pour que j'aie envie de les regarder jusqu'au bout, et de voir les épisodes suivants. Je souligne cela parce qu'on voit d'ordinaire l'angoisse comme une expérience négative (et ce l'est dans la vie réelle), alors que dans le contexte de ces séries de fiction, je pense que cette angoisse avait quelque chose de positif, comme un stimulant psychologique, qui fait que certains épisodes de ces séries sont restés gravés dans ma mémoire et que leur simple évocation a un côté "Madeleine de Proust". Je me demande s'il y a des travaux scientifiques sur le sujet de l'angoisse "positive" suscitée par des oeuvres de fiction. A noter que le "noir et blanc" a eu, pour moi, un effet amplificateur de cet effet d'angoisse (j''ai vu "La Quatrième dimension", "Au-delà du réel" et "Le prisonnier" en noir et blanc, ainsi que certains épisodes de "Chapeau Melon et bottes de cuir". Franchement, je trouve que le "noir et blanc" leur sied mieux que la couleur).
Nous devons être à peu près de la même génération, et je me retrouve parfaitement dans le ressenti que vous évoquez suite à la visualisation de ces séries qui ont aussi alimenté mon enfance. J'en garde en effet le souvenir d'une angoisse subtile mais néanmoins prégnante, d'une étrangeté mettant mal à l'aise... et c'est vrai qu'il n'y a pas vraiment eu par la suite d'équivalent...
SupprimerJe m'en vais fouiller du côté de ces "séries du Belge"...
Bonjour Inganmic
RépondreSupprimerMerci pour la présentation de cette nouvelle "d'anticipation" qui remonte à 1963.
Du coup, il me semble qu'elle pourrait aussi être référencée dans le challenge de Lutin82 (signalé par Doudoumatous, qui autorise la "double appartenance"), et chez Nathalie pour "2024 sera classique aussi" (oeuvres antérieures à 1970)... ;-)
(s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
Bonjour !
SupprimerMerci pour le signalement, je vais proposer mon lien.
Bonjour,
RépondreSupprimermerci pour cette très fidèle description de cette nouvelle, qui m'a marqué quand j'étais adolescent, la découvrant dans "Le Livre d'Or de la Science-Fiction - John Brunner". Cette nouvelle est vertigineuse et comme vous dites, oppressante. Je l'ai lue et relue au fil des années.
Je vous recommande toute l'oeuvre de John Brunner. C'est un auteur majeur de science-fiction, selon moi, complètement sous-coté (pour moi, il est à l'égal d'Isac Asimov) et malheureusement ses romans et recueils de nouvelles ne sont, pour la plupart, pas republiés. Il faut les chercher en bouquinerie ou en bibliothèque pour les lire. Je recommande en particulier "Eclipse totale", "La ville est un échiquier", "A l'écoute des étoiles", "Le long labeur du temps".
C'est étonnant qu'aucune de ses oeuvres n'ait été portée à l'écran.
Bien à vous.
Benoit
Bonjour Benoit et bienvenue,
SupprimerMerci d'être passé par ici et d'avoir pris le temps de laisser ces conseils de lectures, que je m'empresse de noter..