"Les chats ne rient pas" - MUKAI Kosuke
"Je n’aime pas les gens. Mais je déteste la solitude."
Je cherche encore la signification du titre de l’ouvrage et la raison de sa fracassante révélation, mais passons.
Hayakawa, le narrateur, a une piètre estime de lui-même. Ce scénariste longtemps porté par sa passion, non seulement du cinéma mais aussi de l’art en général, a cessé de croire au pouvoir de la fiction. C’est d’une manière générale un homme désabusé, à la fois perpétuellement insatisfait et résigné à la médiocrité de son sort. L’alcool est devenu la seule béquille de sa vie, et probablement la principale raison qui l’attache à Mari, qui travaille dans un bar, et avec qui il entretient une relation insignifiante.
L’intrigue débute avec la réapparition dans son existence de son ex-compagne Renko, qu’il n’a pas vue depuis des années. Il a passé six ans de sa vie avec cette jeune réalisatrice brillante, désormais mariée à Miyata, un journaliste. Elle le contacte à propose de Son, le chat qu’ils avaient adopté, et qui, malade, est condamné. Elle a pensé qu’il aimerait lui faire ses adieux.
C’est ainsi que se noue, autour du chat dont on suit la fin de vie, un étrange trio, Hayakawa proposant de veiller Son pendant que Renko et Miyata travaillent.
Ma crainte que le récit bascule alors dans les complications romantiques d’un triangle amoureux s’est révélée infondée. A aucun moment MUKAI Kosuke ne tombe dans la facilité scénaristique ou la mièvrerie, et ça, c’était plutôt une bonne surprise.
L’intrigue se focalise sur le personnage de Hayakawa qui, à l’occasion de ces retrouvailles avec Renko, revient sur leur histoire, notamment sur son délitement, que leur rivalité professionnelle, et surtout les infidélités, l’alcoolisme et l’incapacité de Hayakawa à se projeter dans l’avenir rendaient prévisible. Avec le recul, lucide et sans amertume, il comprend les difficultés que Renko a dû affronter non seulement au sein de leur couple, mais aussi pour faire sa place dans un milieu professionnel profondément machiste.
L’agonie de Son est quant à elle prétexte à traiter de la nature de l’amour qu’on porte à un animal et qui le fait accéder au statut d’individu, et de la perte quasi inévitable qu’induit une espérance de vie inférieure à celle des humains. J’ai aimé que le propos de l’auteur se fonde sur l’alliance entre deux hommes qui oublient leur inimitié pour se laisser guider par la seule empathie qu’ils éprouvent pour une même femme, sans rien attendre en retour. Je ne garderai néanmoins guère de traces de cette lecture, en raison d’une écriture sans saveur, qui m’a parfois fait frôler l’ennui…



En littérature japonaise on ne voit plus que ce genre de livres mis en avant, c'est un peu triste. Il faut fouiller un peu pour trouver les autres.
RépondreSupprimerJ'imagine que ces couvertures "félines" aux couleurs pastels font vendre...
SupprimerJ'ai cru un instant que tu avais lu ce roman pour Neko no hi (le jour des chats, le 22 février) ^_- Un roman publié chez Picquier me semble plus prometteur que chez Nami... Cela dit, CHAT + LITTERATURE JAPONAISE, je me doutais que ça ne serait pas ta tasse de thé (même si je crois que tu as un/ des chat(s) à la maison). Bon mais quand même, as-tu lu "Je suis un chat" de Natsume Sôseki ? Celui-ci a peut-être une chance de te plaire.
RépondreSupprimerJ'apprends l'existence de ce jour des chats... je pourrai le souhaiter en bonne et due forme à ma minette :)
SupprimerJe note le Soseki tout de même, car j'avais apprécié "Oreiller d'herbe".
Jolie couverture, mais ça ne va pas suffire on dirait. Comme on est tributaire de la traduction, on ignore si ça vient de l'original ou de la traduction (mais curieusement les classiques japonais ont une prose bien meilleur. Alors?)
RépondreSupprimerJe constate souvent cette espèce de "neutralité" dans l'écriture des romans japonais.. j'ai fini par me dire que c'était lié à une certaine manière d'aborder les choses..
SupprimerOublié de te dire que j'ai commencé (avec bonheur) La guerre des os...
RépondreSupprimerEst-ce que tu veux qu'on cale une LC ? Par exemple pour le 25 mars ? (j'ai déjà des billets prévus jusqu'à cette date..)
Supprimerje pense y arriver, on note 26 mars?
SupprimerJe constate que les billets d'avance, tu connais aussi. Mais je les programme un peu selon l'humeur, et parfois ils paraissent des mois après.
Je bloque le 26, et j'informe Sandrine. Je le commencerai après celui que j'ai en cours, un peu dans le même thème finalement, puisque c'est la biographie d'un explorateur danois du début du XXème siècle, et là aussi il y a de la compétition, c'est à celui qui arrivera le premier le plus au nord du Groenland....
SupprimerOk tu préviens Sandrine.
SupprimerC'est quoi ce livre danois???
Ah ah, je sens que j'ai éveillé ta curiosité ! L'auteur est américain, il s'appelle Reid Mitenbuler. Le titre de l'ouvrage c'est "L'esprit d'aventure, itinéraire d'un explorateur excentrique"... Tout un programme, et pour l'instant, je ne suis pas déçue !!
SupprimerJe ne sais pas si c'est du à la difficulté de traduction, mais souvent les romans japonais sont plats et sans saveur... Quoique... quand on lit Yoko Ogawa, par exemple, on n'a pas ce sentiment.
RépondreSupprimerJe te rejoins, comme je l'écris en réponse à Keisha, ce n'est pas la 1ère fois que j'exprime ce bémol suite à une lecture japonaise. Mais tu as raison aussi de souligner qu'il ne faut pas en faire une généralité...
SupprimerIl y a en effet toute une mode de littérature japonaise autour des chats, avec des chats en couverture. L'histoire a cependant l'air un peu plus intéressante que la moyenne, dommage pour l'écriture très plate (ce serait pas mal de voir comment est la traduction en anglais - je les trouve souvent meilleures).
RépondreSupprimerOui, l'histoire est originale, le ton n'est pas mièvre, et j'ai trouvé ce roman assez féministe... donc même si je n'ai pas accroché à l'écriture, j'ai été agréablement surprise finalement..
SupprimerPas facile finalement de trouver son compte dans les romans légers japonais...peut-être un problème de traduction en effet. En tous les cas je ne le note pas.
RépondreSupprimerIl me semble que quitte à lire un roman japonais avec un chat, il vaut mieux le faire avec Mémoires d'un chat (que je n'ai pas lu, mais je fais confiance à Keisha, qui l'a apprécié), ou le titre cité par Alexandra (idem).
SupprimerAmusant, je viens de lire deux livres qui, je le suppose, font partie de la même catégorie (dont un que l'on m'a offert), mais ils sont très réussis !
RépondreSupprimerComme quoi, il ne faut pas se fier aux a priori... j'attends avec impatience les billets conséquents !
SupprimerJe laisse passer ce genre de romans sans regrets et j'ai du mal à comprendre le succès de tout ce qui concerne le Japon. Mais il y a aussi de bons romans japonais, évidemment !
RépondreSupprimerCe n'est pas une littérature qui m'attire en général, même si j'apprécie beaucoup un auteur comme Murakami, par exemple...
Supprimerj'avoue tu m'as fait bien rire avec ton "oui, je suis une vilaine lectrice pleine d’a priori" , on est pareilles. A voir la couverture, et malgré mon amour pour les chats (ma minette demande à ce que ce soit dit) j'aurais aussi glissé le livre dans le sac "à donner". Bon, finalement, ce fut plutôt une bonne surprise ! Je veux aussi lire Mémoire d'un chat qui semble d'un niveau nettement supérieur et Soseki, j'aime aussi et là pas de lecture plate. Après, une lecture "détachée" j'ai eu parfois ces écueils avec certains romanciers japonais mais dernièrement, et surtout pour les auteurs contemporains, je trouve qu'ils ont beaucoup évolué et changé.
RépondreSupprimerOui, je m'attendais à pire... j'ai tendance en matière de littérature japonaise à me focaliser sur Murakami, qui m'a rarement déçue, j'aime ses ambiances étranges... et il me reste quelques-uns de ses titres à lire.
SupprimerLes romans japonais sont assez souvent "désincarnés". Du moins, à nos yeux
RépondreSupprimerOui, je suis d'accord, et il me semble que c'est lié au fait que les japonais sont généralement dans la retenue, voire dans le protocole..
SupprimerBon, je ne le lirai pas, j'ai suffisamment à lire comme ça !
RépondreSupprimerJe n'en doute pas...
SupprimerAhaha, j'aurai bien ri à "son statut de Gravillon l’a sauvé d’un dépôt direct dans une boîte à livres" ! J'avoue que Picquier m'a déçue en cédant aux sirènes des titres à résonnance "feel good/cosy" avec idéalement le mot "chat" dedans, sans céder aux textes mièvres heureusement, et tu le confirmes. Je fais quand même une overdose visuelle de ce genre de livres, et même si ça a trait au Japon, je les contourne... D'ailleurs un libraire m'a choisi un livre récemment en pensant que ça me plairait sûrement. Quand j'ai vu le titre, j'ai eu un vrai soupir exaspéré (et désespéré). C'était L'odeur des clémentines grillées", chez Picquier certes, mais quand même très clairement connoté "cosy" (il y avait un chat sur la couverture en plus).
RépondreSupprimerCes genres (je lie le "feel good" à la "romance") ont beaucoup de succès, notamment auprès des jeunes, je crois, mais pas que... je suis souvent surprise quand je rencontre de nouvelles personnes qui s'avèrent être des lectrices, par les auteur.es qu'elles citent pour la plupart immédiatement (Grimaldi, Gounelle et consorts). Bon, tant que les gens lisent...
SupprimerTa première phrase m'a fait rire car j'étais justement en train de me dire qu'il devait y avoir erreur sur la blogueuse 😅. Bon, tu auras essayé et tu peux maintenant mettre ce livre en toute bonne conscience en boîte à livre où il fera des heureux !
RépondreSupprimerCe titre m'a été offert par ma belle-mère, mais ma mère a aussi tendance à me choisir des livres en décalage total avec mes goûts (et je n'ose pas la détromper.. ).. Pour en revenir à ce titre, sa lecture n'a pas non plus été une torture, il m'a finalement réservé une ou deux agréables surprises..
SupprimerAh les cadeaux de livres, c'est terrible :) Même si j'adore les chats, je pense qu'il faut se méfier quand il y a un chat sur la couverture... ^^
RépondreSupprimerOui, c'est toujours compliqué de réagir à une intention certes bonne mais, comment dire, ... inadéquate ?
SupprimerAh mais si même Picquier s'y met, à en croire les commentaires, ça va me gonfler. J'ai eu ma période de ce genre mais finalement je trouve que les intrigues se ressemblent un peu toutes. Celui qui ne m'a jamais déçue pour l'instant c'est Hitonari Tsuji mais je ne l'ai pas lu chez Picquier ou Nami... Je pense que la littérature japonaise est variée mais que nous n'avons pas la main sur l'import donc nous devons subir les modes occidentales :')
RépondreSupprimerA la "décharge" de Picquier, ce titre m'a finalement agréablement surprise, mais je suppose en effet que ce genre de publication reflète une volonté d'exploiter un créneau vendeur... et je comprends ton agacement :).
SupprimerLes romans avec "chat" dans le titre, je fuis, comme ceux avec "librairie", japonais ou pas ... ( Mais je fuis encore plus vite si c'est japonais ! )
RépondreSupprimerMoi aussi je fuis, mais là il est venu à moi... et j'avais bien aimé La librairie Tsubaki, qu'on m'avait également offert.
SupprimerBon le feel good japonais à la côte depuis un certain temps maintenant, et c'est souvent sans saveur... j'en ai lu un ou deux et franchement c'est largement oubliable. Celui-ci semble appartenir à la catégorie au-dessus, un peu "moins pire". Cela ne me le fera pas lire pour autant ;)
RépondreSupprimerMême s'il m'a agréablement surprise, je confirme que ce n'est pas non plus un indispensable...
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