"Un jardin de sable" - Earl Thompson
"Ce qui suit est une histoire de chrétiens ordinaires, travailleurs mais souvent sans travail, et Kansiens jusqu’à leur mort."
Sa mère, Wilma, s’est fait engrosser par un grand escogriffe
de Suédois qui s’est quelques mois plus tard tué en voiture avec Miss Wichita
1933 à ses côtés. Elle a d’abord confié Jacky à ses parents, les McDeramid, fermiers
mis à terre par la politique agricole de Roosevelt. Si ce revers n’a pas vraiment
entamé la foi cardinale dans le rêve américain de John, le grand-père de Jacky,
resté convaincu que pour peu que l’on soit honnête et travailleur le succès est
garanti, il l’a investi d’une haine inextinguible pour le 32e président
des Etats-Unis, victime régulière (pour le plus grand plaisir du lecteur) de ses
harangues aussi inventives qu’injurieuses. Et il a surtout mis un coup
définitif à la prospérité familiale, condamnant les McDeramid à devenir des
assistés sociaux dépendant de l’aide alimentaire et occupant des logements de
plus en plus miteux.
Puis Jacky est récupéré par sa mère, qui après avoir copiné
avec un duo d’arnaqueurs, s’est mise à la colle avec Bill, un repris de justice
avec lequel ils vont de bourgade en bourgade, répétant un schéma toujours
identique. L’enthousiasme suscité par une embauche qui va enfin les sortir de
la médiocrité s’essouffle aussitôt avec la découverte d’un boulot pénible et
mal payé, et la propension de Bill à dilapider son moindre cent dans l’alcool. Ce
dernier se laissant par ailleurs régulièrement entraîner dans des bagarres ou
des combines foireuses, arrive systématiquement le moment où il faut plier des bagages
fort heureusement bien maigres, et filer en catimini vers un nouvel Eldorado
qui s’avérera aussi pourri que le précédent.
Le lecteur est immergé avec Jacky dans un univers sordide,
brutal et vulgaire de vagabonds, prostituées et d’escrocs à la petite semaine, rythmé
de disputes incessantes, de raclées violentes et de sexe bestial. Précocement
instruit aux mœurs d’adultes défaillants et dépravés, lui-même se montre agressif,
grossier, obsédé par le corps de sa mère qu’il ne pense qu’à posséder…
C’est glauque, mais ça passe grâce à l’humour et à l’énergie
qui infusent le texte, d’une truculence souvent virtuose. J’avoue néanmoins m’être
un peu lassée sur la longueur des redondances de l’intrigue et de la répugnance
qu’inspirent la plupart des personnages -Jacky compris.


Le côté glauque me rebute un peu. Même s'il y a beaucoup d'humour, ça risque de me sembler long sur 800 pages.
RépondreSupprimerJ'avoue que ça l'a été un peu pour moi, l'auteur aurait pu à mon avis dégraisser son roman d'au moins une bonne centaine de pages... mais cela reste un texte très fort.
SupprimerBonjour Ingannmic
RépondreSupprimerMerci pour cette troisième participation aux Epais 2026.
Hé bien, voilà un bouquin "de la misère" qui paraît d'une verdeur épaisse (obsession sexuelle du gamin?), mais sauvé par l'humour?
Je me le note à toutes fins utiles (j'avais bien aimé, par exemple, Chien des Ozarks à quoi ça pourrait me faire penser - sauf l'époque...).
(s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
Bonjour Tadloiducine,
Supprimerje suis ravie, motivée par les Epais, d'avoir sorti ce titre de ma pile où il stagnait depuis des années.. j'ai été en effet assez surprise par l'insistance de l'auteur à propos du désir que le garçon éprouve pour sa mère, et qu'il tente à maintes reprises d'assouvir. Je peux même dire en avoir été un peu choquée... avec le recul, je me dis que c'est assez courageux d'avoir abordé ce possible aspect de la promiscuité qu'induit la misère.
J'ai apprécié la lecture malgré mes bémols pour l'humour, oui, mais aussi l'énergie qui porte le texte.
Est-ce que je lirai la suite ?... à voir.
Ce n'est clairement pas un roman pour moi, mais bravo pour cet Épais !
RépondreSupprimerJe ne te l'aurais pas conseillé
Supprimerça pose quand même question du déterminisme social et de la bonne dose de volonté et de chance pour s'en sortir. Heureusement qu'il y a de l'humour car j'imagine que, sinon, la lecture finirait par peser sur le moral.
RépondreSupprimerMais oui, complètement, et on est vraiment immergé, ici, dans le quotidien de la débrouille et de la violence, coupé de toute perspective d'évolution sociale. Mais les personnages se démènent néanmoins, bien que par toujours dans la bonne direction, et ne prennent pas vraiment le temps de réfléchir à leur propre condition.
SupprimerA voir la couverture, je pensais que l'histoire se passait au Moyen Age.
RépondreSupprimerTu n'es pas assez satisfaite de ta lecture pour que je note ce livre.
Merci pour cette nouvelle participation à mon challenge. Lien noté.
Oui, c'est vrai que le graphisme peut induire en erreur...
SupprimerJe ne te sens pas plus enthousiaste que ça mais le contexte est intéressant. J'attendrai de savoir ce que tu penses de la suite de la trilogie (si tu la lis !!) avant de me lancer...
RépondreSupprimerDisons que c'est un peu trop long. Sinon, c'est typiquement le genre de roman qui m'attire : intense, drôle et cynique.. on peut s'arrêter à la lecture de ce 1er volet sans que ce soit gênant, et j'hésite pour l'instant à poursuivre. Je vais laisser passer un peu de temps avant de me décider.
SupprimerJe ne le sens pas là ... Trop de misère ? Trop d'univers sordide ? Je fais un blocage sur les enfances brisées par le déterminisme social, je crois.
RépondreSupprimerLe fait que Donald Ray Pollock a signé la préface te donne une idée du genre de roman auquel on a affaire... c'est juste que sur la longueur, l'intérêt finit par s'émousser, l'intrigue se répétant pas mal.
SupprimerDu même auteur, j'ai tenté très récemment "Un jardin de sable". Après quelques dizaines de pages le livre m'est littéralement tombé des mains, l'atmosphère vide, la confusion dans les personnages et l'intrigue, j'ai déserté...
RépondreSupprimerMon billet concerne Un jardin de sable :). Tu veux parler d'un autre titre ? De la suite, peut-être ?
SupprimerNon non, je disais juste que je viens de tenter un autre titre de cet auteur et que je n'ai pas trouvé ça bon du tout.
SupprimerAh mince, j'ai personnellement accroché au ton, et à l'ambiance...
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