"220 volts" - Joseph Incardona

Plaisir fugace mais néanmoins réel.

"220 volts" est typiquement le genre de titre que je recommanderais comme lecture de vacances.

Ce court polar, à la fois distrayant et efficace, se dévore presque d'une traite, et si je suis persuadée qu'il ne me laissera pas un souvenir durable, il m'a permis de passer un bien agréable moment (et ce n'est déjà pas si mal...)

Ramon Hill est devenu un écrivain à succès grâce à son deuxième roman, un best-seller mâtiné d'action et de suspense, dont ses nombreux lecteurs attendent la suite avec impatience.

Seulement voilà, après avoir écrit un début médiocre à ce troisième opus, Ramon est pris du syndrome de la page blanche. Il traverse par ailleurs dans sa vie de couple une période compliquée, ce qui ne l'aide guère à retrouver son inspiration.

Pleine de bonne volonté, sa femme lui propose de se mettre au vert. C'est ainsi qu'ayant laissé leurs enfants chez leurs grands-parents, ils partent tous deux dans la maison de vacances familiale, près d'un village de montagne avec pour seul voisin un éleveur de cochons taiseux et bourru.

Je ne vous en dirais pas plus, afin de ne pas gâcher le plaisir de votre éventuelle future lecture... disons que Joseph Incardona, même s'il utilise des ficelles déjà éprouvées, mène son intrigue avec une énergie qui fait que l'on ne s'ennuie pas une seconde, et distille la tension de son récit avec assez d'équilibre pour nous tenir en haleine jusqu'au bout.

L’humour -noir, bien sûr- dont est empreint "220 volts", ainsi que la personnalité ambiguë de son narrateur, ajoutent au plaisir que l'on prend à suivre les -més-aventures de notre écrivain en son exil rural.

>> Un autre titre (bien plus original et angoissant) pour découvrir Joseph Incardona : "Derrière les panneaux il y a des hommes".

Commentaires

  1. Oh, mince... Je ne lis pas de polar...
    Ceci dit, s'il n'est pas trop long, ça peut être un bon moyen de renouer avec le genre...

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    1. J'aime les polars, surtout bien noirs et glauques... celui-là n'est pas trop sordide (quoique...) : son format, et sa fluidité en font en effet un bon titre pour se plonger dans le genre avec facilité !

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  2. Décidément, tu me sauves, un peu en panne de lecture en ce moment, et dans ces cas là, je me cherche toujours un bon petit polar à grignoter tranquillou ... Ce titre me semble parfait, en plus, jamais entendu parler de cet auteur, moi qui me crois un peu connaisseuse dans le genre ...

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    1. J'ai découvert Incardona au hasard d'un blog (je ne sais plus lequel) qui citait "Derrière les panneaux il y a des hommes" comme une lecture coup de cœur de l'année. Et le hasard a voulu que juste après avoir terminé ce bouquin (qui est en effet très bon), je tombe lors d'un salon du livre de poche sur une interview croisée entre Incardona, Sandrine Collette et Nicolas Mathieu (auteur d'un 1er roman pas mal non plus...). Et donc, ce Joseph a un abord drôlement sympathique, genre rigolo et intelligent à la fois... pour avoir le plaisir de taper la causette deux minutes avec lui, je lui ai donc acheté "220 volts" !!

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  3. J'avais beaucoup aimé l'adaptation en BD.

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    1. J'apprends que ce titre a fait l'objet d'une telle adaptation... je note !

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  4. Ah ça me plaît bien ça, un polar avec de l'humour noir, mettant en scène un écrivain (ça, c'est une thématique à laquelle je résiste toujours mal), victime du syndrome de la page blanche, et le reste est un mystère mais on ne s'ennuie pas une seconde. Noté ! En plus j'ai très peu d'auteurs suisses sur mes étagères.

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    1. Ah oui, c'est vrai qu'il est suisse, il faut que je change mes libellés !! J'espère qu'il te plaira, c'est un roman sans prétention mais très efficace..

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