"Perdre est une question de méthode" - Santiago Gamboa

Lecture distraction.

Je continue ma découverte de l’écrivain colombien Santiago Gamboa avec ce titre que je qualifierais de "mineur" au regard du sombre mais beau "Retourner dans l’obscure vallée", ou de l’habile et protéiforme "Nécropolis 1209". 

Nous sommes là, en effet, dans un registre léger, un peu loufoque, une enquête policière échevelée servant de prétexte à animer une galerie de personnages haut en couleur. 

Cela commence pourtant de manière macabre, avec la découverte, au bord d’un lac de la région de Bogota, d’un cadavre empalé sur un pieu, à l’identité inconnue.

Contrairement à une police visiblement peu préoccupée de résoudre l’énigme, le journaliste Victor Silanpa, contacté par un commissaire de sa connaissance qui l’informe du scoop, s’investit dans l’affaire avec persévérance, pendant que ledit commissaire consacre ses journées à préparer son discours d’entrée au sein d’une association religieuse spécialisée dans la perte de poids…

Victor, tourmenté par de violentes crises hémorroïdaires et désespéré par une récente rupture sentimentale, nous guide, de bars de nuit en immeubles résidentiels, dans une capitale colombienne gangrénée par le crime et par une corruption dont l’emprise s’étend à tous les niveaux. Aidé par un témoin de l’enquête, brave garçon qui n’hésite pas à prendre tous les risques, et par un ancien collègue interné en asile psychiatrique suite à une dépression causée par l’état désastreux du monde, mais dont l’intuition est toujours aussi redoutable, il se retrouve mêlé à une lucrative histoire d’achat de terrain impliquant des pontes de la municipalité, des promoteurs véreux mais ayant pignon sur rue, et une obscure association de naturistes.

L’intrigue en devient quelque peu foutraque, on se perd parfois dans ses circonvolutions, mais l’enquête policière n’est ici qu’un prétexte, on comprend assez vite que le principal objectif de Santiago Gamboa est de s’amuser et de nous divertir, ce qu’il réussit plutôt bien, en grande partie grâce au ton dont il imprègne son récit, entre dérision et cocasserie, tout en y instillant une pointe de mélancolie qui nous attache à son sympathique personnage principal.

Commentaires

  1. J'ai lu plein de titres de Gamboa, tu comprends que le latino américain, chez moi, ça passe à fond ou ça casse. ^_^

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    1. Oui, je sais que tu es une adepte de Gamboa, comme A_girl... et je n'en ai pas fini avec lui, même si ce titre n'est clairement pas son meilleur.

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  2. J'ai commencé ce roman il y a quelques années, m'y suis complètement perdue, ai abandonné, et négligé par la suite de m'intéresser à d'autres livres de l'auteur... J'ai tort, sans doute...

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    1. Je peux comprendre, c'est vrai qu'il est un peu brouillon... mais il faut absolument lire Retourner dans l'obscure vallée, qui n'a rien à voir avec celui-là !

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  3. Me voilà avec deux titres en plus à découvrir ( non, pas trois ...) Malgré les personnages, qui ont l'air bien sympathiques et loufoques, pas envie de me perdre dans une intrigue ...

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    1. C'est une sage décision, et j'ai une préférence pour "Retourner dans l'obscure vallée".

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  4. Si j'avais commencé par ce titre, je n'aurais sans doute pas poursuivi mon exploration des oeuvres de Gamboa. Ce n'est pas ce qui représente le mieux son univers à mon goût. Ici on est presque dans une banale enquête policière, à la sauce latino-américaine certes, mais bon, pas si relevée.

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    1. Oui, ça se lit, ça fait sourire quelquefois, mais ce n'est effectivement pas avec ce titre qu'il faut découvrir l'auteur... j'irai piocher dans ta liste de billets pour choisir le prochain !

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  5. Moi je suis mitigée aussi sur celui-ci, comme souvent dans les polars latinos, l’intrigue passe au second plan,elle est plus un prétexte à montrer la corruption du pays. Apres,on a toujours cet humour incontournable de Gamboa et c’est un régal.
    Prières nocturnes est très bien .

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    1. Oui, cela reste une lecture plaisante, c'est vrai. Et merci pour le conseil, je note Prières nocturnes, alors.

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  6. Je rejoins Carmen, les romans latino sont souvent foutraques et l'intrigue passe au second plan. Parfois ça passe et parfois ça casse !

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    1. Oui, il faut une grande maîtrise pour ne pas perdre le lecteur en faisant ce choix... ce titre reste plaisant mais ce n'est pas un indisepnsable.

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  7. C'est rare de s'amuser dans la littérature sud-américaine ! mais si je comprends bien, il ne faut pas commencer par celui-là pour connaître l'auteur.

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    1. Disons que comme c'est loin d'être son meilleur, il risque de freiner le lecteur dans la poursuite de la découverte de son œuvre, ce qui serait dommage, car elle compte de très beaux/bons titres.

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  8. Si j'ai bien compris, j'ai commencé par le meilleur : retourner dans l'obscure vallée.

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    1. N'en ayant lu que 3, je ne sais pas si c'est son meilleur, mais c'est en tous cas à ce jour mon préféré... Tu trouveras de nombreux articles sur les œuvres de cet auteur chez A_girl, si tu veux des conseils pour continuer sa découverte : https://lecture-sans-frontieres.blogspot.com/2008/04/santiago-gamboa.html

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  9. Me revoici, contente de te relire. Je ne suis pas sûre d'inscrire ce titre-ci sur mes listes. Je n'ai pas lu tous les livres que j'espérais pour ce mois sud-américain, j'espère pouvoir prendre le temps de présenter encore une lecture ce week-end.

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  10. Enfin de retour! Je vais passer mon chemin sur celui-ci, mais je note Retourner dans l'obscure vallée. Ce sera une meilleure entrée en matière, si je comprends bien!

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