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Affichage des articles associés au libellé Mois Latino-américain

"Aventures d’un romancier atonal" - Alberto Laiseca

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"J’en ai marre des génies. Ce dont nous avons besoin, ce sont d’écrivains sachant écrire." Recto : dans la sordide mansarde d’une pension de famille à l’architecture tarabiscotée qu’il loue à une propriétaire tyrannique et couronnée d’un chignon cauchemardesque, un écrivain s’échine depuis dix ans à la rédaction d’une œuvre obscure et indigeste s’étirant sur plus de 1500 pages. Il faut dire que son projet est ambitieux, combinant sciences, Histoire, musique, religion, mathématiques, géologie… Contre toute attente, son ami Coco Pico de la Mirandole, seul à croire en son talent, parvient à la faire publier. Une fois traduite, l’œuvre connait un succès international, au grand désespoir de son éditeur suicidaire et masochiste, qui comptait sur un bide retentissant pour mettre un point final à la série d’échecs constituant sa vie. Verso : un extrait de l’œuvre susnommée nous est donné à lire, plus précisément soixante de ses pages miraculeusement sauvées par le fameux Coco d’un sé...

Un billet de Carmen : "La passagère du vent" - Alonso Cueto

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"Voici ce que nous devons apprendre à faire : affronter notre passé. C’est là que tu trouveras le moyen de te pardonner, si c’est possible. Mais tu le feras pour que cette culpabilité te soit utile à quelque chose. Pour une vie meilleure en compagnie des autres." Dans ce roman Alonso Cueto nous raconte la vie actuelle d’un ancien soldat, Angel, engagé dans l’armée après le décès de sa mère. Ce soldat était dans l’armée péruvienne dans les années 80/90, du temps du terrorisme et du Sentier lumineux. L'affrontement entre l'armée du gouvernement péruvien et les guérilleros, avec des exactions de part et d’autre, donna lieu à de nombreux de morts civils, y compris indigènes. Ainsi, Angel fut forcé d’obéir aux autorités qui lui ordonnèrent d’exécuter une femme. Suite à cette triste histoire, il quitte l’armée et s’en va à Lima, où il tient un commerce. Sa vie est grise et monotone, sans attrait, avec un frère pour seule famille et quelques combats de catch, pour canaliser ...

"Le rêve du Celte" - Mario Vargas Llosa

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"Il se dit une fois de plus que sa vie avait été une contradiction permanente, une succession de confusions et d’imbroglios monstrueux, où la vérité de ses intentions et de ses comportements finissait toujours par être, du fait du hasard ou de sa propre maladresse, obscurcie, distordue, transformée en mensonge." Je découvre Mario Vargas Llosa avec ce titre, qui m’a complètement emballée. Accusé de haute trahison, un homme attend, dans la cellule d’une prison britannique où il affronte chaque jour l’ostensible mépris de son gardien, le verdict définitif de sa condamnation. Cet homme, c’est l’irlandais Roger Casement. Dans la solitude de sa geôle, Il a tout le temps de revenir sur son incroyable parcours, sur ses erreurs et ses aveuglements, sur la dernière mais aussi la plus intense de ses passions, qui le consume et l’envoie à la mort… En 1883, alors âgé de 19 ans, il part pour la première fois en Afrique, en tant que contremaître dans l’une des expéditions de Henry Stanley. ...

"Les brumes du passé" - Leonardo Padura

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"La conviction que le monde pouvait être un champ de bataille mais qu'une bibliothèque était un terrain inviolablement neutre et collectif s'était enraciné dans son esprit comme un des apports les plus beaux de sa vie." Après " Le palmier et l’étoile " et " L’homme qui aimait les chiens ", je découvre Leonardo Padura avec l’un des opus de sa série "Mario Conde". Cela fait dix ans que ce dernier a quitté la police pour se consacrer à une activité plus en adéquation avec son éthique et ses affinités : l’achat et la revente de livres anciens. Mais en ce torride mois de septembre, c’est justement cette activité qui va le remettre sur les rails du travail d’investigation. Cuba est en proie à l’une de ses crises incessamment renouvelées, peut-être l’une des pires. La pénurie fait de l’obtention de la moindre allumette, aspirine ou paire de chaussures une véritable gageure, l’espoir est devenu une denrée rare, la lutte pour la subsistance atroph...

"El ultimo lector" - David Toscana

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"(…) si l’eau est d’autant plus nécessaire en plein désert, comme la médecine l’est à la maladie, les livres sont d’autant plus indispensables là où personne ne lit.". Le village d’Icamole tire sa fierté d’un épisode historique, celui de la défaite de Porfirio Díaz face aux forces loyalistes du gouvernement fédéral. La lettre qu’un soldat écrivit alors à sa bien-aimée pendant sa longue agonie sur le champ de bataille en est devenue l’emblématique relique. Mais cet événement remarquable, à part pour les habitants d’Icamole, semble dorénavant aussi impalpable que l’idée de l'océan qui, dans un passé bien plus lointain, a recouvert ces terres qui n’en gardent plus que quelques fossiles. Ecrasés par une terrible et interminable sécheresse, les villageois doivent leur survie aux bidons d’eau fournis par les autorités, que le vieux Melquisedec transporte dans sa carriole. Remigio avait jusqu’à présent pu se passer de cet approvisionnement, le fond de son puits conservant un res...

"Avant que les ombres s’effacent" - Louis-Philippe Dalembert

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"Aucun rêve n'est fou si on se donne les moyens de le réaliser." Saviez-vous que la république d’Haïti avait déclaré la guerre au troisième Reich et à l’Italie fasciste en décembre 1941 ? Et que son dirigeant avait annoncé que tout juif européen pourrait trouver secours dans ses ambassades ?  Moi non, du moins avant de lire "Avant que les ombres s’effacent", le principal intérêt du roman de Louis-Philippe Dalembert résidant en ce qui me concerne dans cette dimension instructive. Nous y suivons Ruben Schwarzberg, né dans une Pologne dont il n’a gardé aucun souvenir, sa famille ayant migré en Allemagne alors qu’il n’était encore qu’un enfant. Il fera ses études de médecine à Berlin, jusqu’à ce que l’Histoire s’en mêle et oblige les Schwarzberg, à la fin des années trente, à refaire leurs valises. Les parents de Ruben partent aux Etats-Unis, sa tante Ruth en Israël. Son oncle et lui n’ayant pu obtenir de visa, ils regagnent, après les avoir accompagnés à la gare, l...

"Noir Equateur" - José de la Cuadra

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"Si nous n’avions pas de légendes, il faudrait les inventer." En neuf nouvelles, José de la Cuadra nous emmène dans les terres chaudes et reculées d’Equateur, le long de fleuves où sévissent de féroces reptiles, à l’orée de forêts denses et grouillantes où guettent jaguars et grands singes. Il nous introduit dans de traditionnelles haciendas depuis lesquelles des propriétaires terriens dirigent leurs exploitations avec une insoutenable brutalité, ou dans des auberges perdues au milieu de nulle part dont les tenancières révèlent des pulsions perverses, voire assassines. On y goûte un parfum d’aventure aux forts relents de testostérone, se teintant parfois d’accents épiques, comme dans cette histoire -qui n’est pas sans évoquer Moby Dick- dont le héros est un gigantesque caïman inspirant autant de crainte que de respect, que sa lutte avec un homme animé d’un sentiment de vengeance obsessionnel élève définitivement au rang de légende. Les aventuriers sont parfois des bandits : v...

"Fils d'homme" - Augusto Roa Bastos

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"Oui, c'est cela la vie, si loin qu'on regarde le passé, l'avenir, ou même le présent aveugle. Une flamme têtue qui brûle dans les os, cette nécessité d'aller un peu plus loin qu'il n'est possible, de résister jusqu'à la fin, de franchir une ligne, une limite, de durer encore, au-delà de tout désespoir et de toute résignation". C’est un roman fait de fragments, d’histoires associées pour à la fois dire celle avec un grand H et faire entendre la palpitation de ceux qui la font ou la subissent.  Cette Histoire, c’est celle, traversée par une extraordinaire violence, du Paraguay, du point de vue de deux villages perdus, distants d’une cinquantaine de kilomètres, à partir desquelles s’étendent les ramifications de l'intrigue et les destinées des personnages. Un narrateur, que l’on retrouve dans plusieurs épisodes, plante les jalons de la période que couvre ce kaléidoscope, de ses souvenirs d’enfance qui évoquent un vieil homme ayant connu la dictat...

Un billet de Carmen : "Un terrible voyage" (1941) - Roberto Arlt

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C’est un court roman, mais intense, une publication tardive de Roberto Arlt, décédé en 1942. Une sorte de testament de l’auteur argentin. "Un voyage terrible" est drôle mais impitoyable sur l’être humain. Certainement l’auteur dans sa jeunesse malheureuse à voulu dénoncer ici les dérives de l’humain. "Un certain astrologue me dit un jour que mon signe zodiacal annonçait entre autres accidents, de dangereux périls courus lors de voyages en mer". C’est ainsi que le narrateur embarque avec son cousin pour un voyage de cabotage dans le Pacifique, un voyage qui ne sera pas de tout repos. Peut-on embarquer sur un bateau Le Blue Star qui a changé de nom ? Sachant qu’un malheur arrive généralement. Donc on peut imaginer qu’une mauvaise étoile va accompagner cette croisière. Les passagers, les personnages vont se révéler les uns pires que les autres et rendre ce voyage... terrible. Ce huis-clos va donner lieu à une analyse de personnalités de tout poil : une médecin qui empl...

"Ecoute-moi, Amirbar" - Álvaro Mutis

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  "Oui patron, chaque mine a ses défunts. C'est comme ça. Un Indien qui vivait ici et qui était un peu sorcier disait qu'il n'y a pas d'or sans défunt ni de femme sans secret." Le narrateur retrouve son vieil ami Maqroll le Gabier, qu’il a pris l’habitude de croiser dans les endroits les plus inattendus du monde au gré de leurs changements d’emplois successifs, dans un motel sordide de Los Angeles, où il peine à se remettre d’un épisode de malaria. Situation inconfortable et inhabituelle pour cet aventurier qui, sous peine d’asphyxie et de frustration, doit rester à terre le moins longtemps et le moins souvent possible. Maqroll a de fait sillonné toutes les mers navigables, et fait partie de ces perdants magnifiques dont la superbe s’accommode aussi bien des tempêtes océanes que du sordide des bouges de ports et qui, s’ils ne connaîtront jamais la gloire et la fortune, dégagent un puissant magnétisme et comme une aura d’immortalité. Malgré la sombre vision de ...

"La conquête des îles de la Terre Ferme" - Alexis Jenni

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"Nous avions retrouvé la part perdue de l’humanité, le continent qui manquait à notre compréhension de la Terre s’était enfin dévoilé, mais ce moment-là fut un moment de sang : à peine rencontrés, ceux que nous trouvâmes nous les tuâmes tous." D’emblée nous sommes plongés dans une atmosphère d’étrangeté et de déréliction. Le narrateur évoque un soleil tranchant, qui dissèque, un air d’une pureté extraordinaire à laquelle s’oppose la saleté et l’état de délabrement du village dont il est propriétaire, où des êtres fantomatiques semblent mobiliser leurs dernières volontés à disparaître, à force de résignation, de passivité morbide, d’une capitulation qui le rend furieux. Même la femme qui partage sa couche y git dans une apathie que rien, même les pathétiques tentatives de rapports sexuels du narrateur, ne parvient à vaincre. Il voit se rétrécir l’étendue de ses terres, qui, faute de gestes pour les cultiver, se craquellent. "La conquête des îles de la Terre Ferme" es...

C'est parti !

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Il est enfin là ! Mais QUI ... ? Mais le MOIS LATINO-AMERICAIN bien sûr ! Si vous avez loupé ce scoop, je vous invite à lire ICI le billet de présentation de cette activité susceptible de vous emmener de Belize en Salvador, du Brésil au Chili, en passant par le Pérou, l'Uruguay, le Costa Rica etc, etc. sur tout le mois de février. Je vous invite à déposer les liens vers vos billets en passant par l'article accessible dans la marge gauche du blog. Mais vous pouvez aussi les déposer à la suite du billet de présentation ou de n'importe quel article du blog paraissant en février. Merci d'avance à toutes et tous, je trépigne d'impatience à l'idée de toutes les belles découvertes à venir ! Et n'oubliez pas : une récompense est prévue pour celle(s)-celui-ceux qui proposeront une lecture d'une des contrées "oubliées" de l'édition 2021, soit le Bélize, la Bolivie, le Honduras, et La République dominicaine ! Et j'ajoute une actualité très à pro...

Mois latino-américain : ce n'est qu'un "au revoir"...

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Enfin, vous l’attendiez tous avec une immense impatience, voici le formidable (ça, c’est grâce à vous tous) bilan de notre mois de février consacré à la littérature latino-américaine. Et, il faut dire que celui-ci est assez exceptionnel ! Tout d’abord, merci à Goran qui nous a (encore) offert un magnifique logo, s'est collé à la rédaction des billets d'ouverture et de clôture, et a accepté tous mes changements de programme avec sa bienveillance coutumière.  Merci également à toutes les participantes et participants, vous avez été nombreux et d'un enthousiasme réjouissant. Nous ne pensions pas que nous aurions autant de propositions de chroniques. Nous n'en sommes qu’à la première année et le résultat est déjà époustouflant.  Nous allons finir par faire de l’ombre au mois de mars… 😏 La communauté des blogueurs a vraiment été super ! Pour mieux vous en rendre compte, voici quelques chiffres : 113 chroniques ont été rédigées provenant de 39 blogs différents . Nous avons...