"Au cœur d’un été tout en or" - Anne Serre
"Dans les nouvelles, les romans, il y a souvent des chutes en forme d’explication qui permettent d’avaler une histoire et de bien la digérer. Dans la vie, parfois, il n’y en a pas."
La quatrième de couverture les définit comme des "facettes", et cela me semble assez juste, car des récurrences lient l’ensemble, la plus évidente étant la présence de cette narratrice anonyme, qui semble être toujours la même, et qui est écrivaine. Des thématiques reviennent par ailleurs régulièrement dans les récits, comme celle du mystère que constitue la multiplicité des êtres, la part inconnue des autres ou de soi-même -possiblement génératrice d’angoisse, mais aussi source de richesse- ou encore celle de la complexité du matériau à partir duquel s’élabore la littérature.
Les situations dépeintes sont majoritairement du quotidien, et souvent anodines, et il ne faut pas attendre de chutes fracassantes, éclairant ce qui précède de quelque révélation inattendue. Certaines nouvelles surprennent en revanche par une tonalité vaguement surnaturelle, comme celle ou la narratrice fait face à une mère adoptant une attitude et un langage inhabituels, ou cette histoire d’ombre indépendante du corps dont elle dessine les contours…
Il s’agirait d’un autoportrait (toujours selon la quatrième de couverture). Peut-être… mais si c’est le cas, il est tout en fluctuations et en échappées, résultat d’une tentative non pas d’énoncer les faits ou les éléments d’un caractère, mais d’exprimer l’ensemble des sensations, des réactions, des fantasmes, des vrais et faux souvenirs qui constituent l’intériorité, tout ce qui nourrit et obsède. Toute logique chronologique y est abolie, les âges de la narratrice variant d’un texte à l’autre, l’ensemble s’apparentant à un coq-à-l’âne qui illustre la dimension composite, impossible à ordonner, de l’esprit.



Ton billet rend ce recueil très intrigant
RépondreSupprimerPeut-être trop, parce qu'il faut bien dire qu'avec le recul, je n'en ai vraiment pas gardé grand-chose...
SupprimerUn recueil de nouvelles à noter donc, je me remets à en lire de temps en temps d'ailleurs j'en présenterai un la semaine prochaine qui entre aussi dans les gravillons :)
RépondreSupprimerJe m'étais constituée une pile "nouvelles" en prévision de l'activité habituellement proposée en janvier par Alexandra, mais elle n'a pas réitéré cette année. J'ai tout de même lu deux des recueils. Pour celui-là, je serais assez curieuse d'un autre avis, parce que je ne suis pas sûre d'avoir bien compris la démarche de l'auteure...
SupprimerC'est très court, des nouvelles de trois ou quatre pages... Ce ne sont pas celles que je préfère.
RépondreSupprimerC'est d'ailleurs leur limite, notamment ici, on passe d'un texte à l'autre sans en garder de trace, hormis 3 ou 4 qui sont un peu plus longs ou dont la tonalité diffère un peu par rapport à l'ensemble.
SupprimerPour ne pas rallonger mes listes "inutilement", je ne note pas puisque ces nouvelles ne sont pas plus marquantes que ça.
RépondreSupprimerCe n'est pas un ouvrage indispensable, en effet...
SupprimerJ'adore la citation mise au début, c'est vrai que la littérature offre des "fins" alors que dans la vie il n'y en pas !
RépondreSupprimerC'est vrai, oui, et l'auteure applique cette règle à la quasi intégralité de ses textes...
SupprimerJ'ai lu ce recueil lorsqu'il a reçu le Goncourt de la nouvelle et je confirme qu'il ne m'a pas fait grande impression, d'ailleurs je n'en ai pas parlé sur mon blog et... j'ai tout oublié.
RépondreSupprimerJe tenais à en parler pour pouvoir le proposer comme "gravillon", mais j'avoue avoir eu du mal à rédiger mon billet, quelques semaines étant passées depuis ma lecture..
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