"Chiennes de garde" - Dahlia de la Cerda
"La vie est une chienne. C’est pour ça qu’il faut ruer dans les brancards, même si elle est féroce, cette fille de pute."
On trouve parmi les héroïnes la fille d’un richissime narco trafiquant élevée dans un luxe indécent, une jeune femme issue d’une lignée de célèbres politiciennes, une tueuse à gages, une voleuse, un travesti, une villageoise émigrée à Ciudad Juarez pour travailler dans les maquiladoras… plusieurs d’entre elles parlent d’outre-tombe. Certaines apparaissent dans plusieurs textes, personnages secondaires se métamorphosant alors en figures centrales.
Qu’elles soient riches ou misérables, leur destin est marqué par une constante, celle de la violence exercée par les hommes, que conforte une violence systémique qui leur assure l’impunité. Viols, meurtres, humiliations perpétrés par des proches ou des inconnus… l’une des héroïnes, alors qu’elle recherche son amie disparue au retour d’une soirée, nous rappelle qu’au Mexique, une femme est abusée, tuée, mutilée, torturée… toutes les 3 heures 25.
L’autre point commun qui lie ces femmes, c’est qu’elles refusent que ces crimes restent impunis. Et puisqu’il ne peut être question de justice dans ce système patriarcal et corrompu, c’est à la vengeance qu’elles recourent, quitte à s’appuyer sur le surnaturel pour la concrétiser.
La parole des héroïnes composent un tableau protéiforme de la société mexicaine, entre dérives de la modernité -abus de la chirurgie esthétique, addiction aux réseaux sociaux et leur influence, aussi puissante que délétère, sur la façon de se présenter au monde-, et violence socio-économique se traduisant par de profondes inégalités dont les corollaires -alcoolisme, toxicomanie, délinquance, prostitution…- accablent les plus modestes et les plus vulnérables.


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