"Diables blancs" - James Robert Baker
"(…) j’ai un peu de mal avec les attardés qui suintent dans leurs fringues en polyester, les ploucs qui empuantissent ma Saab (…)"
Evidemment, la situation dégénère…
Quel régal de lecture que nous offrent encore une fois ces Editions Monsieur Toussaint Louverture ! Précisons que le roman, écrit dans les années 1980, n’a jamais paru aux Etats-Unis, et est donc publié pour la première fois en français.
Le texte, émaillé de références cinématographies, musicales et littéraires mêlant érudition et culture populaire, est une suite de dialogues percutants et de situations que le ton, aussi drôle que féroce, pare d’une dimension rocambolesque. C’est noir aussi, voire parfois carrément gore, mais toujours empreint d’une hilarante dérision.
On peut y voir le portrait à charge d’une certaine élite américaine dont l’apparent hédonisme et le pseudo raffinement ostentatoire peinent à masquer les dérèglements que révèlent l’abus de psychotropes, les diverses addictions, ou le recours à la chirurgie esthétique. Le snobisme de ce gratin californien s’exprime entre autres à travers Tom et Beth lorsqu’ils reçoivent les parents pauvres de cette dernière, d’obèses et vulgaires rednecks.
Mais "Diables blancs" est aussi -et avant tout ?- une histoire d’amour, celle qui lie ce couple empruntant à la fois aux Pieds nickelés et à Bonnie & Clyde, et qui entre amour et haine, compassion et exaspération, se révèle soudé par une indestructible loyauté.

Du Hitchcock sous acide ? Pourquoi pas...
RépondreSupprimerUn excellent roman pour moi !
RépondreSupprimerJe ne connais pas du tout cet auteur et mes deux médiathèques non plus. Merci pour la découverte c'est très tentant...
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