"La saga des émigrants – Tome III : La terre bénie" - Vilhelm Moberg
"Mais celui qui n’était pas capable de prospérer dans ce pays, sur ce sol fertile et au sein de cette liberté, n’était pas bon à grand-chose sur cette terre."
C’est à New
York que les Nilsa et leurs compagnons foulent enfin le sol de ce Nouveau Monde
dont ils attendent tant, comme les deux tiers de ceux qui constitueront la plus
grande migration de l’histoire mondiale, ces "millions
d’audacieux qui vont transformer les Etats-Unis d’Amérique du Nord" décidés à faire table rase du passé.
Du côté des
Nilsa, Karl Oskar est préoccupé par le retard pris au cours de leur voyage, qui
n’est pas terminé : la fin du mois de juin arrive, et il craint de ne pas
trouver à temps une terre à exploiter ; Kristina débarque en milieu de
grossesse, enceinte d’un cinquième enfant conçu dans l’Ancien Monde,
s’inquiétant de savoir si elle aura trouvé un lit d’ici son terme pour y donner
naissance, et accablée à l’idée qu’elle ne sera plus jamais chez elle ; Robert
comprend d’emblée que la liberté qu’il est venu chercher ne pourra s’acquérir
qu’avec de l’argent dans les poches, et est décidé à devenir riche.
Les épreuves
de la traversée ont ramené l’hérétique Danjel Andreasson à l’humilité et à
davantage de souplesse dans ses jugements. Lui qui se considérait comme un
juste protégé par son Dieu a perdu son épouse, subi comme les autres le mal de
mer, et contrairement à ce dont il était persuadé, réalise que le seul fait de
poser les pieds sur le sol américain ne l’investit aucunement de la
connaissance de la langue anglaise…
Ulrika, épargnée
par tous les aléas de leur aventure atlantique, est en pleine possession de ses
forces. La solidité et la capacité à se montrer utile en toutes circonstances
ont changé le regard des Nilsa sur l’ancienne prostituée.
Aidés par un
Suédois installé en Amérique qu’on leur a recommandé, ils poursuivent leur
périple, cette fois par voie fluviale et en train, dans ces nouvelles voitures
à vapeur qu’ils voient pour la première fois. Leur destination : l’Ouest,
et plus précisément le Minnesota où s’est installé cinq ans auparavant le fils
de Fina-Kajsa, une vieille femme rencontrée sur la Charlotta, et qu’ils ont
pris en charge à la mort de son époux.
Après
l’étendue maritime, c’est une immensité herbeuse qu’ils parcourent, la grande
mer qu’en Amérique on appelle la Prairie. Accoutumés aux paysages forestiers,
ils peinent à assimiler ce qu’ils voient, éprouvent le sentiment d’être
minuscules, égarés dans cette terre si vaste. Et lorsque, après avoir laissé
derrière eux le Mississippi, dernier des cours d’eau de leur trajet, les arbres
enfin apparaissent, c’est là encore dans la démesure…
Nos héros
vont-ils enfin trouver leur nouveau foyer ? Comment vont-ils passer
l’hiver qui bientôt s’annonce, alors que leurs économies ont fondu pendant le
voyage, que Kristina va accoucher, et qu’il faut nourrir et abriter les enfants
qui ont jusque-là survécu ?
Vous le
saurez au prochain épisode…


Je survole ta note, puisque tu as réussi à me remotiver pour reprendre cette série ^-^
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