"Le mystère de la chambre jaune" - Gaston Leroux
"- Il y a quelque chose (…), qui est beaucoup plus grave que le fait de brutaliser la logique, c'est cette disposition d'esprit propre à certains policiers qui leur fait, en toute bonne foi, plier en douceur cette logique aux nécessités de leurs conceptions."
Retour en
octobre 1892, au château de Glandier, en région parisienne. C'est là que vivent
le professeur Stangerson et sa fille Mathilde, deux éminents savants dont les
travaux sont reconnus par l'Académie des sciences. Mlle Stangerson, "une des
plus belles filles à marier de l'ancien et du nouveau continent", a
pourtant toujours repoussé, par fidélité à son père et à leurs recherches, ses
nombreux prétendants, avant de finalement accepter d’épouser Robert Darzac, un
ami de longue date auquel elle vient de se fiancer.
Une nuit,
alors que son père travaille avec un de ses serviteurs dans le laboratoire
attenant à la chambre -jaune- où Mathilde est allée dormir, le bruit
d'une lutte et l'appel au secours de la jeune femme les précipitent dans la
chambre dont ils doivent au préalable défoncer la porte, solidement
verrouillée. Ils y trouvent la fille du professeur inconsciente, portant des
marques de strangulation autour du cou et blessée à la tempe. Deux coups de feu
ont été tirés, les marques ensanglantées d’une large main d’homme maculent les
murs et la porte, de nombreuses traces de pas, elles aussi masculines, marquent
le sol. En revanche, hormis la victime, la chambre est vide, alors qu’elle
n’offre aucune possibilité de sortie autre que sa porte…
Par une de
ces ruses dont Joseph Rouletabille est coutumier, il parvient à se faire
admettre au château par l’entremise de Robert Darzac, principal suspect, dont
le reporter est pourtant convaincu de l’innocence.
C’est Fred
Darsan qui mène l’enquête pour la police, une pointure que l’on a vite dépêchée
sur place pour résoudre l’inexplicable mystère. Rouletabille est lui-même un de
ses plus grands admirateurs. Mais bientôt, leurs investigations respectives les
orientent sur des pistes divergentes.
Voilà une
lecture fort divertissante et très prenante, surtout pour une lectrice ignorant
comme moi le fin mot de cette histoire de chambre jaune. Le personnage de
Rouletabille, avec son éternelle bonne humeur, son aplomb et sa ténacité, rend
le récit vivant et très ludique, le reporter, également facétieux, s’amusant à
entretenir le mystère par des allusions qu'il est le seul à comprendre ou des
déductions dont il est le seul à connaître la logique.
Au jeu que constitue l’enquête fictive, vue par le reporter comme un défi et une compétition -il veut absolument "battre" Fred Larsan-, s’ajoute celui auquel s’adonne l’auteur en faisant de son texte un pastiche de roman policier, qui entre lui aussi en compétition, cette fois avec deux références du genre, Conan Doyle et Edgar Poe, qu’il veut surpasser. Emaillant son texte de multiples clins d’œil à leurs œuvres, il utilise leurs procédés ainsi que certains poncifs de la littérature policière pour mieux les détourner.



Les classiques de la littérature policière offrent souvent de belles surprises
RépondreSupprimerJe crois que c'est le cas des classiques en général..
SupprimerJ'ai oublié par mal de détails mais j'en garde un bon souvenir et avais comme toi apprécié les clins d'oeil et le personnage de Rouletabille.
RépondreSupprimerUne découverte en ce qui me concerne -mieux vaut tard que jamais-, qui s'est soldée par une expérience vraiment plaisante..
SupprimerUn bon souvenir ainsi que du parfum de la dame en noir.!
RépondreSupprimerJe n'ai donc plus qu'à poursuivre avec cette dame en noir, alors..
SupprimerUn mystère lu il y a fort longtemps, et qui, de mémoire, ne m'avait pas passionné.
RépondreSupprimerJ'ai personnellement été tenue par l'énigme de cette chambre close...
SupprimerAh oui, excellente énigme de chambre close. Puis viendra la partum de la dame en noir...
RépondreSupprimerJe retrouverais Rouletabille avec grand plaisir...
SupprimerUn classique lu enfant dont je ne me souviens guère, je ne suis pas certaine de me souvenir du dénouement, je pourrais donc le relire. En tout cas, ta chronique m'y encourage !
RépondreSupprimerC'est une lecture qui passe toute seule, le personnage de Rouletabille donne à l'ensemble un ton très enlevé..
SupprimerJe l'ai lu il y a fort longtemps...et c'est en effet un classique qu'il me faudrait relire bien qu'en te lisant, quelques éléments me reviennent en mémoire...mais j'en découvre d'autres :)
RépondreSupprimerC'est un livre ingénieux, et ludique aussi, notamment grâce au personnage du jeune reporter et aux allusions fréquentes aux maîtres du genre ..
SupprimerCoïncidence : j'ai écouté une (vieille) version audio très récemment, magnifiquement jouée, j'ai pu retrouver l'atmosphère de ce roman lu il y a 20 ans et qui fait toujours son petit effet, même si je pense lui préférer les premiers tomes de Chéri-Bibi du même auteur, que j'ai beaucoup lu à une époque.
RépondreSupprimerJe découvre Gaston Leroux avec ce titre (encore une lacune comblée grâce à Moka !), et je note donc la série Chéri-Bibi.
SupprimerUn bon livre pour se détendre. J'aime bien le côté feuilletonnant quand ça tient bien ses promesses.
RépondreSupprimerC'est réussi, ici. L'auteur entretient habilement le suspense avec ce personnage de Roulatebille et ses annonces d'emblée mystérieuses sur ses découvertes, dont on attend impatiemment les explications.
SupprimerEn effet c'est fantastique et quel classique !
RépondreSupprimerJ'aime savoir qu'il me reste encore de tels incontournables à découvrir...
SupprimerJe l'ai lu il n'y a pas si longtemps que cela, parce que je voulais absolument avoir le fin mot de ce mystère fameux, mais aujourd'hui je n'ai absolument aucun souvenir de la résolution du mystère. Je me souviens de détails... Et pas de l'essentiel 🙈
RépondreSupprimerUne fois résolue, l'énigme perd de son aspect extraordinaire, je ne suis pas très surprise de cet oubli, et puis ça m'arrive très souvent, de retenir de mes lectures des broutilles sans importance, au dépens des grandes lignes de l'histoire.. j'ai aussi un problème avec les fins, que j'oublie presque sitôt après avoir refermé un livre.
SupprimerC'est un roman qui est, évidemment, très connu, mais je ne pense pas l'avoir lu ou alors il y a très longtemps.
RépondreSupprimerC'est typiquement le genre de roman que tout le monde connaît de nom, sans forcément l'avoir lu.. mais il vaut le détour !
SupprimerBonjour Ingrid, j'ai lu ce livre et je l'ai trouvé comme toi fort divertissant ! La compétition m'a fait sourire. C'était mon deuxième Gaston Leroux. Pour moi, il écrit de bons livres qui stimulent l'imaginaire du lecture.
RépondreSupprimerCoucou Nathalie, un roman en effet très réussi, avec de l'humour et du suspense et, je ne l'ai pas souligné dans mon billet, un personnage féminin intéressant, bien qu'on l'approche surtout par des tiers..
SupprimerLu dans ma jeunesse, j'en ai peu de souvenirs, mais si je le trouve en audio, je l'écouterais bien. Je déteste relire, même quand c'est du bon, mais je ne sais pas pourquoi, à l'écoute, ça passe ...
RépondreSupprimerLe commentaire de Des Livres Rances devrait donc t'intéresser, il évoque une version audio très réussie..
SupprimerJ'avoue n'avoir jamais lu ce titre qui pourtant parait incontournable. J'ai dû faire des choix manquant de temps pour lire deux titres. Merci pour ta participation !
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