"La saga des émigrants – Tome IV : Les pionniers du Minnesota" - Vilhelm Moberg
"Mais en Amérique, il fallait toujours être plus intelligent qu’en Suède, même quand on n’était qu’un simple valet."
Cela fera bientôt quatre ans qu’ils ont débarqué à New York.
Karl Oskar a construit une petite maison pour remplacer la cabane en rondins dans
laquelle, avec sa femme Kristina et leurs enfants, ils ont passé un premier
hiver difficile. Leur famille s’est agrandie avec la naissance de Dan, premier
américain de la famille. Les dernières récoltes ont été bonnes, et Karl Oskar
projette de construire une nouvelle maison digne de ce nom, plus grande, et qui
ne laisse pas passer l’eau lors des épisodes de pluies qui sont ici, comme
toutes les manifestations climatiques -qu’il s’agisse du froid, de la chaleur
ou des orages-, toujours intenses.
L’ancienne prostituée Ulrika est devenue Mrs Henry O.
Jackson en épousant le pasteur de la communauté baptiste de Stillwater, bourgade
située à une journée de route du lac de Ki-Chi-Saga au bord duquel vivent les
Nilsa. Elle vit comme une dame de la bonne société, une vraie revanche sur son
passé qui sera parfaite lorsqu’elle aura mis au monde l’enfant qu’elle attend
et dont elle fera un pasteur, persuadée qu’il s’agit d’un garçon.
Kristina est elle aussi de nouveau enceinte, et s’en réjouit
beaucoup moins. Elle n’a pas encore trente ans, et se sent fatiguée par ses
grossesses successives et le travail incessant que réclame une grande famille.
Robert, le jeune frère d’Oskar, en quête de toujours plus de
liberté et d’indépendance, est parti trois ans auparavant avec son ami Arvid
vers l’Ouest, pour y chercher de l’or. Depuis, les Nilsa n’ont eu aucune
nouvelle.
D’autres émigrants suédois s’installent autour du lac Ki-Chi-Saga.
Il y a d’abord la famille de Petrus Olausson, homme très pieux qui a fui les persécutions
religieuses, puis arrive un pasteur envoyé par son église pour « veiller
sur l’âme de ses compatriotes ». Si Karl Oskar, infatigable et
pragmatique, ne se soucie guère du salut de la sienne, ces arrivées sont vécues
par Kristina, qui souffre autant de la solitude que de l’impossibilité de
pratiquer sa religion, comme un miracle. Et ce n’est que le début, les Suédois deviennent
bientôt assez nombreux pour créer une petite colonie au bord du lac qui perd
son nom indien, et dont les eaux sont christianisées. Les colons s’organisent pour
construite une église, une école, un cimetière…
Puis, avec le retour inattendu de Robert, l’intrigue s’enrichit
du récit des aventures qu’il a vécues sur la route de l’ouest.


C'est un tome assez sombre en effet, et surtout très éclairant sur la construction des États-Unis et les mentalités parfois contradictoires que l'on peut encore y rencontrer.
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