"La ville" - William Faulkner
"Tous ici nous avons acheté des Snopes, bon gré mal gré (…)"
A leur tête, mais toujours à sa manière discrète -ou
vicieuse-, on retrouve Flem Snopes et son indéboulonnable nœud papillon, qui
après avoir roulé son beau-père Will Varner, s’est installé avec sa femme Eula -dont
la sensualité débordante affriole toute la population mâle de Jefferson- et
leur fille Linda (dont il n’est pas le père, ce que seule la principale
intéressée ignore), dans une petite maison aux abords de la ville.
En l’espace de deux ans, ce paysan qui n’avait probablement
jamais vu d’usine électrique a pris la direction de celle qui alimente
Jefferson. Et ce n’est qu’un début… Il poursuit son ascension avec ruse et
ténacité. En douce, sans rendre de compte à personne. Mais s’il était jusqu’à
présent essentiellement guidé par sa cupidité, c’est à autre chose qu’il aspire
dorénavant : Flem est en quête de respectabilité. Et pour cela, il est
prêt à tout, notamment à se servir de la liaison qu’entretient Eula avec le
commandant De Spain, maire puis directeur de la banque de Jefferson, ou à
faire chanter son beau-père en usant de l’argument de la bâtardise de sa fille.
Il est même prêt à débarrasser lui-même Jefferson des brebis galeuses que
compte son clan, et il a fort à faire, entre Mink le meurtrier, I.O l’escroc ou
le jeune Montgomery Ward, qui ne trouve pas mieux que de monter un commerce de
photos cochonnes en centre-ville…
Le récit de ce parcours est porté
en alternance par trois narrateurs dont les points de vue se complètent,
parfois se contredisent : Charles Mallison, qui rapporte des événements
survenus en partie avant sa naissance ou lorsqu’il était enfant ; son
oncle, le procureur municipal Gavin Stevens, vieux garçon entre deux âges pétri
d’un sens de l’honneur qui même en son temps paraît daté, ainsi que de désirs
refoulés qui le torturent, et V.K. Ratliff, le colporteur de machines à coudre et
de ragots déjà présent dans Le hameau, dont la parole est colorée d’un accent
rustique.
Au-delà de l’histoire des Snopes, à
l’occasion pimentée de mésaventures truculentes, La ville se veut la chronique
d’un microcosme représentatif de ces années 1920 où la prospérité d’après-guerre
ne profite pas à tous, avec à sa tête une aristocratie sur le déclin, pervertie
par des jeux de pouvoirs et d’influences, et par une corruption qui ne dit pas
son nom.


Je me demande ce que l'on va penser de nos deux lectures... moi qui mets l'accent sur la narration non linéaire ! Ceci dit, c'est vrai qu'on ne s'y perd pas vraiment, on peut prendre le train en marche et même si c'est brinquebalant, ça se passe bien. Je crois qu'on comprendra mieux ce que raconte le livre en lisant ton billet que le mien !
RépondreSupprimer(RDV fin octobre ou fin novembre pour la suite ?)
J'ai choisi par hasard une nouvelle avec (déjà) des Snopes, une sorte de prequel on dirait. Inutile de dire que je vais continuer (un jour, quoi ^_^)
RépondreSupprimerJe lirai la saga des Snopes un jour ou l'autre. J'ai l'impression qu'elle est plus abordable que des romans comme Le bruit et la fureur.
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