"Doglands" - Tim Willocks

Erreur sur la marchandise ?

D'emblée, je me suis méfiée... l'histoire débute par "il était une fois", et se place du point de vue ... d'un chien.

Plus précisément de Furgul -"le brave", né au sein d'un élevage de lévriers, résultat des amours fugaces et clandestines d'une championne de course et d'un mystérieux chien loup qui s'est volatilisé au matin, auréolé de sa légendaire réputation d'animal insoumis. Cette ascendance "impure" suscite chez Keeva, mère de Furgul et des trois chiennes issues de la même portée, une crainte grandissante : dès que le propriétaire de l'élevage aura constaté la bâtardise de ses chiots, il n'en coûtera pas cher de leur peau. 

Car la "fosse de Dedbone", véritable camp de prisonniers où les lévriers subissent toutes sortes de maltraitances, est tenu d'une main de fer par un homme cruel qui fait régner la terreur sur son élevage, aidé en cela par deux molosses sanguinaires. La survie des enfants de Keeva dépend entièrement du plan qu'elle a imaginé pour leur permettre de s'évader...

Parvenu à s'échapper, au prix d'une lourde perte, Furgul va découvrir le monde du dehors, expérimenter l’existence confortable mais liberticide de chien domestique, et surtout apprendre à se connaître lui-même, lors d'une quête initiatique où il devra choisir entre assumer sa nature sauvage au prix de maints dangers, et la sécurité d'un foyer humain, avec toutes les capitulations envers son instinct animal que cela implique. Au fil de ses rencontres avec certains de ses semblables, il découvrira la richesse d'un héritage presque oublié, celui d'un temps où les chiens tiraient leur force et leur grandeur d'une communion surnaturelle avec les éléments et les âmes de leurs disparus.

Roman d'aventures pimenté d'imaginaire et d’humour (alimenté par le ridicule de certains comportements humains jugés du point de vue canin), "Doglands" est ainsi le prétexte d'une réflexion sur la place de l'animal dans nos sociétés. Tantôt massacrés, maltraités, tantôt victimes d'une tyrannie anthropomorphiste qui les réduit à des ersatz d'eux-mêmes, les animaux subissent la présence envahissante et souvent destructrice de l'être humain, au prix de leur liberté, voire de la pérennité de leurs espèces. 

Et pourtant, si le propos de Tim Willocks est louable et intéressant, et son intrigue efficacement menée, j'avoue ne pas avoir accroché à ce roman, ainsi que l'annonce le préambule à ce billet. Je crois que je m'attendais, de la part d'un auteur qui m'a habituée à une violence extrême et à une réelle complexité de ses personnages, à un texte plus fort, plus dense. Et puis, le coup des chiens qui parlent, j'ai eu du mal... au point d'avoir parfois eu l'impression de lire le scénario d'un film de Disney (avec ses gentils et ses méchants, ses personnages héroïques et les seconds rôles, braves ou ridicules, leur servant de faire-valoir...)
Je crois que le problème vient principalement du fait que j'ai lu "Doglands" sans savoir qu'il s'agissait d'un roman jeunesse. Avertie, j'aurais sans doute eu plus d'indulgence envers la simplicité de certains dialogues, et mieux apprécié ses qualités certaines.

Et puis, j'ai toujours préféré les chats...

Je suis curieuse de savoir ce qu'en a pensé Charmant-petit-monstre avec qui j'ai eu le plaisir de faire cette lecture en commun : son avis est ICI.


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Commentaires

  1. Ah oui effectivement, si tu n'avais pas vu que c'était un roman jeunesse au début, je comprends ton avis un peu mitigé. En plus, contrairement à toi, je n'avais jusqu'ici rien lu de l'auteur. L'immersion fût donc pour ma part plus facile je pense. C'est marrant, comme toi, le roman m'a fait pensé à un style de dessin animé, mais pour le coup, j'ai beaucoup apprécié cette fable. Et puis je venais de sortir d'un autre roman jeunesse au style absolument navrant et j'ai été très contente d'enfin en lire un qui avait de la profondeur et une véritable écriture.

    En tout cas, je te remercie pour l'initiative de cette lecture commune, car sans toi je n'aurais jamais eu la force de lire Doglands qui ne me disais rien du tout au départ.

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    1. En fait j'avais un doute, mais rien n'indique qu'il s'agit d'un roman jeunesse sur l'édition de poche. Et le truc, c'est que je connais bien Willocks, et que là, j'avais l'impression d'être à 1000 lieux de ce à quoi il m'a habituée !!

      Merci à toi aussi, c'est en partie le but des LC que de nous décider à sortir certains titres des placards...

      On remet ça quand tu veux !

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  2. Je l'avais acheté chez Syros (1° édition), donc c'était clair que c'était "jeunesse".
    Et je l'avais lu à mes gamins, on avait beaucoup aimé tous les trois.
    Ils avaient ensuite discuté un bon moment avec Willocks venu pour Toulouse Polars du Sud.
    un très bon souvenir pour moi, et pour eux.

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    1. L'édition poche fait plutôt penser à un "thriller".. du coup, je l'ai passé à la plus jeune de mes filles, je pense qu'il lui plaira.

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