"Le vase de sable" - Seichō Matsumoto
"Toutes les fois qu’il voyait cela, Imanishi était impressionné par la beauté du cerveau humain. Il croyait voir un fruit tropical de grande valeur sous son emballage de cellophane."
Qu’en est-il du troisième titre, lu à l’occasion de l’Hiver Polar d’Alexandra ?
On y retrouve le ton factuel de Tokyo Express, ainsi que l’évocation récurrente de voyages ferroviaires déjà relevée dans les deux premiers opus, et qui n’est pas pour me déplaire.
L’intrigue débute d’ailleurs près d’une gare, celle de Kamata -à Tokyo-. Le cadavre d’un quinquagénaire assassiné est découvert sur les rails. Il a été vu la veille dans un bar des environs, en compagnie d’un homme plus jeune. Les témoins ont relevé son accent caractéristique du Tōhoku, région du nord-est de Honshū, l'île principale du Japon, et un nom, entendu au cours de leur conversation : Kameda. Ces maigres indices n’aident guère la police à identifier la victime. L’inspecteur Imanishi est en charge de l’enquête, qui se déploie sur plusieurs pans dont les connexions ne sont pas d’emblée évidentes.
Sont entre autres mis en avant les membres du Nouveau Groupe, jeunes artistes progressistes exerçant dans diverses disciplines -musique, théâtre, peinture…- que l’inspecteur croise lors de ses investigations à la gare de Kamata. L’un d’entre eux entretient une liaison secrète avec une jeune femme ; un autre va épouser la fille d’un ministre. Il sera aussi question d’une voyageuse jetant des papiers par la fenêtre d’un train, du suicide d’une voisine d’Imanishi, de la crise cardiaque d’un comédien… les morts se suivent, sans lien apparent avec l’affaire, et l’inspecteur, s’il a fini par trouver l’identité de la victime, peine à trouver un mobile et un coupable. Il s’obstine pourtant, aussi scrupuleux qu’acharné, suivant une logique que l’on a parfois du mal à comprendre, par manque d’explications de l’auteur, et l’on se demande s’il s’agit là de paresse où d’ellipses volontaires…
La période est celle de l’après-guerre, plus précisément le début des années 1950, contexte qui a son importance dans la progression de l’intrigue -la destruction des archives, notamment, compliquent l’enquête- ainsi que dans son rythme. Imanishi, lorsqu’il a besoin de renseignements détenus par les services de police d’autres régions, les sollicitent par courrier… ça a son charme, mais cela réclame une certaine patience !



Tu n'as pas l'air super emballée et je ne me sens pas très tentée par l'époque.
RépondreSupprimerSi l'auteur n'est déjà pas clair dans ce roman... ^_^
RépondreSupprimerJe n'ai rien contre une certaine lenteur, mais tu n'es pas débordante d'enthousiasme donc je vais en rester aux polars japonais d'Ishigano !
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