"La tristesse du samouraï" - Víctor del Árbol
"Les dieux et les héros, ça n’existe pas. Il n’y a que des miasmes."
C’est d’une tumeur au cerveau qu’est en train de mourir María
Bengoechea, 35 ans. Contrairement à ce que l’on nous fait croire de prime
abord, son implication dans cette histoire ne remonte pas au moment (trois ans
auparavant) où cette avocate en droit pénal a fait condamner César Alcalá, un
policier véreux qui a torturé jusqu’à le plonger dans le coma un indic qui
menaçait de le dénoncer. Ce moment de gloire a fait décoller une carrière jusqu’alors
faite d’une routine insatisfaisante et peu rémunératrice. Il a coïncidé avec un
bouleversement de sa vie personnelle, puisque que Maria a alors quitté Lorenzo,
son mari violent, pour sa collègue Greta. A la même époque, elle a renoué avec son
père à qui l’on venait de diagnostiquer un cancer en phase terminale. Elle ne l’avait
plus revu depuis que sa dénonciation avait valu à Lorenzo, à qui elle n’était encore
que fiancée, cinq mois de prison pour ses activités antifranquistes.
Non, l’implication de María dans cette histoire remonte à
bien plus loin que ça… et c’est le cas de tous ses protagonistes, victimes et/ou
acteurs d’un drame qui prend ses racines dans un événement du début des années
1940 qui va lier inextricablement le destin de trois familles.
L’une d’elle est la famille Mola, de Mérida. Guillermo, despote
pervers, n’est pas seulement le chef du clan, il est aussi celui de la Phalange
de la province de Badajoz. Sa femme Isabel, qui l’a trahi en intégrant un groupe
de conspirateurs républicains, tente de prendre la fuite en emmenant avec elle
leur fils Andrés, un enfant pas comme les autres, incapable de distinguer le
réel de l’imaginaire, et obsédé par les samouraïs.
L’intrigue est un puzzle dont les différentes pièces sont
minutieusement façonnées avant de s’emboîter parfaitement, constituant un tableau
complexe, composé de personnages multiples, pris dans un cercle de haines et de
vengeances se transmettant d’une génération à l’autre, et se déployant sur trois
décennies. L’auteur orchestre avec brio l’imbroglio de secrets, de mensonges et
de trahisons qui dote son récit d’une densité et d’un suspense très prenants,
mais qui en constitue aussi un peu la limite, les rebondissements et coïncidences
permettant d’assembler le tout manquant parfois de vraisemblance.


Aie j'ai raté ce rendez vous (il faut dire que je lis peu d'auteurs espagnols...)
RépondreSupprimerPremier del Arbol que j'ai lu : souvenir flou de l'intrigue mais j'ai aimé et en ai lu d'autres ensuite. Il faudrait même que je retourne vers cet auteur...
RépondreSupprimerOh, un vieux souvenir de lecture, mais pas trop bon en ce qui me concerne : c'était tellement noir, tellement de malheurs accumulés que je n'ai jamais voulu relire l'auteur.
RépondreSupprimerC'était dans mon premier blog, ne reste que mon avis sur Babelio https://www.babelio.com/livres/del-Arbol-La-tristesse-du-samourai/333980/critiques/208137
Le travail sur la psychologie des personnages et le contexte m'intéressent. Et je reconnais que j'apprécie aussi les romans empreints de violence et de noirceur quand cela est mis au service de l'intrigue.
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