"La saga des émigrants – Tome V : Au terme du voyage" - Vilhelm Moberg

"Dans la jeune République d'Amérique du Nord, il se passait plus de choses et il intervenait plus de changements en l'espace d'une année que dans le Royaume de Suède en cent ans."

Episodes précédents :

C’est leur septième noël dans le Nouveau Monde, et les Nilsa le passent dans leur nouvelle maison, plus grande et plus confortable que la précédente, où ils n’ont plus à craindre les hivers mortels du Minnesota.

Soixante mille nouveaux émigrants sont arrivés entre 1955 et 1856 dans ce qui deviendra deux ans plus tard le trente-deuxième des Etats-Unis d’Amérique. La colonie suédoise s’est elle aussi accru, dispose dorénavant d’une église digne de ce nom, et même d’une petite ville.

La région suit peu à peu les mutations qui transforment le pays, en pleine extension et entré dans l’ère de de la technologie, avec l’invention permanente d’appareils et de machines divers, la promesse de bâtir de plus en plus de maisons, d'églises et d'écoles, le traçage de nouvelles voies de communication, la pose de lignes télégraphiques et de voies de chemin de fer… La prospérité conséquente n’attire pas que d’honnêtes et humbles travailleurs…

Bientôt, les Nilson obtiennent les papiers qui font d’eux des citoyens américains à part entière, et les délivrent de leur statut d’apatride. Ils votent -enfin, les hommes du moins- pour la première fois.

Karl Oskar a défriché de nouvelles terres pour agrandir ses surfaces cultivables, à sa manière obstinée et patiente, à force de travail et de bon sens. S’il est marqué par les difficultés et les peines subies ces dernières années, son épouse Kristina, pourtant plus jeune, semble avoir davantage vieilli. Elle s’interroge de plus en plus douloureusement sur sa capacité à surmonter un destin marqué par grosses successives qui l’épuisent. Elle a en revanche fini par guérir du mal du pays qui la rongeait en se reconstruisant mentalement un pays d'origine à base de souvenirs réels et d’inventions inspirées de contes ou de textes bibliques.

Mais voilà que dix ans après leur installation, les bases de leur existence se trouvent menacées. L'Union est entrée dans une période de conflits qui se cristallisent autour de la question de l’esclavage et entraînent une guerre civile. En même temps les Indiens, contraints de céder le terre de leurs ancêtres aux nouveaux venus, décimés par une famine sans précédent, se soulèvent pour les en chasser et reprendre possession de leur pays.

Ce dernier tome est celui qui fait de l’exil l’épisode d’un passé laissant la place à l’épanouissement de nouvelles générations qui, comme l’avait prédit le père de Karl Oskar à son départ de Suède, se détachent des lignées précédentes en mêlant leur sang à d’autres peuples.

Le plaisir de lecture a été constant tout au long de cette saga, qui constitue à la fois une chronique familiale passionnante et un fascinant pan d’Histoire.

C’est un pavé, chez Sibylline (608 pages au Livre de poche), et une participation aux Séries de l’été chez Philippe.


Petit Bac 2026, catégorie "Déplacement"

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