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Affichage des articles associés au libellé Coup de coeur

"Mr Gwyn" - Alessandro Baricco

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Argumentaire de vente... Ne lisez pas la quatrième de couverture... Laissez-vous surprendre, séduire... Rares sont les auteurs qui, comme Alessandro Baricco, peuvent concevoir ces histoires inclassables, qui pourraient "techniquement" être réelles, mais sont imprégnées d'un léger parfum de surnaturel, qui paraissent extraordinaires parce qu'elles sont la concrétisation de projets a priori fous, irréalisables, prenant naissance dans l'esprit d'individus prêts à aller jusqu'au bout de leur imagination, persuadés que c'est ce qui leur permettra d'être eux-mêmes... Peu d'écrivains ont comme lui ce talent de l'ellipse, cette capacité à exprimer tellement en si peu de mots, à nous familiariser en quelques pages avec cette écriture riche de sous-entendus, de connivences, qui nous installe dans la certitude d'être l'unique lecteur de ses romans, et d'être initié à un même langage, tout en profondeur et sincérité. ...

"Une histoire d'amour radioactive" - Antoine Chainas

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Âmes sensibles s'abstenir... Wow ! : c'est, pour faire simple, la première pensée qui me vient en refermant le dernier roman en date de l'écrivain Antoine Chainas, "Une histoire d'amour radioactive". Parce que je suis scotchée, troublée, et même légèrement mal à l'aise... Parce que l'écriture d'Antoine Chaînas, directe, percutante, saccadée, vous happe tout de suite dans le récit, vous bouscule, vous met presque en apnée... Parce qu'en dépit de sa brièveté, ce roman laisse un sentiment de densité, de lourdeur qui vous colle à l'esprit longtemps encore après l'avoir refermé. Parce que lorsque Antoine Chainas décrit les émotions de ses personnages, il le fait avec une approche quasi viscérale, qui les rend intenses, poignantes, violentes. Et que lorsqu'il raconte une histoire d'amour, il ne s'encombre ni de mièvrerie ni d'une prudente pudeur ; il le fait en évoquant les sucs corporels et les exploration...

"L'enfant bleu" - Henry Bauchau

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"Nous avons à déchiffrer notre vie, notre être peu à peu, c'est notre tâche très mystérieuse qui nous demande de surmonter bien des résistances et des échecs..." (H.Bauchau) Si je devais donner un conseil à ceux qui souhaitent voyager avec "L'enfant bleu", ce serait le suivant : "partez le cœur léger et l'esprit ouvert"... Le cœur léger parce que cette lecture risque fort de le lester d'émotions intenses, et que la souffrance qui y est dépeinte s'avère parfois très lourde. Et l'esprit ouvert car vous y ferez connaissance avec des personnes pas tout à fait comme les autres. L'une de ces personnes porte le nom d'une constellation... Orion est un adolescent psychotique qui, à 14 ans, stagne dans la classe de 4ème d'un hôpital de jour. Lorsqu'il parle de lui, c'est en utilisant le pronom "on". Assumer le "je" est en effet trop difficile quand "le démon de Paris et banlieue" n...

"Le coeur est un chasseur solitaire" - Carson McCullers

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Des gens comme nous. Je ne vous résumerai pas l’histoire de ce roman car d’histoire il n’y a pas ! Et pourtant, pas une seule fois au cours de la lecture de ses 400 et quelques pages, je n’ai senti mon intérêt faiblir ou mon plaisir décroître. Nous sommes en 1939, dans une petite ville du Sud des États-Unis, où une grande partie de la population, pauvre et ouvrière, est employée dans les florissantes filatures de coton.  L’auteure décrit le quotidien de ses protagonistes, et surtout les relations qui les lient. Car s’il n’y a pas véritablement d’histoire dans "Le cœur est un chasseur solitaire", il foisonne en revanche de nombreux personnages, tous plus intéressants et attachants les uns que les autres. Il y a… … Mick, l’adolescente de 15 ans passionnée de musique, qui rêve de devenir compositrice, mais que les faibles revenus de ses parents ne permettent pas de manger tous les jours à sa faim… … Benedict Copeland, le médecin noir dont le plus cher désir est de voi...

"L'ancre des rêves" - Gaëlle Nohant

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Cauchemars iodés. « L’ancre des rêves » est introuvable en librairie, et ma bibliothèque, qui propose pourtant un choix d’œuvres relativement intéressant, ne le compte pas dans ses rayonnages. Voilà pourquoi j’ai tant tardé à m’atteler à cette lecture, prévue depuis bien longtemps, les critiques publiées sur divers blogs m’ayant fortement donné envie !… Beaucoup d’attente, donc… pour finalement dévorer ce livre en deux jours, ou plutôt me faire dévorer par lui, engloutir par son histoire, emmener par ses personnages dans les limbes effroyables et troubles des cauchemars nocturnes. Les hôtes de ces cauchemars sont les fils Guérindel : Guinoux, Lunaire et Benoît, âgés de 12 à 15 ans (la cause des pleurs du petit dernier, Samson, restant incertaine). Chaque nuit, ce sont les mêmes mauvais rêves qui reviennent les hanter, peuplés de morts défigurés, de mères qui noient leurs petites filles… La mer y est omniprésente, à tel point que Lunaire, notamment, se réveille imprégné d’une ...

"Le prince des marées" - Pat Conroy

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On dirait le Sud... "...notre enfance (...) tenait à la fois de l'élégie et du cauchemar". Ainsi s'exprime, dans le prologue du "Prince des marées", celui qui en sera le narrateur, Tom Wingo. Et en énonçant ce paradoxe, il donne le ton du récit à venir, au cours duquel il va évoquer les souvenirs de cette enfance passée sur l'île Melrose, en Caroline du Sud, entourés de ses parents Henry et Lila, de son frère aîné Luke et de sa soeur jumelle Savannah. Ils y ont vécu en totale symbiose avec un environnement naturel généreux et luxuriant, baignés par l'odeur des marais et celles des crevettes que pêchait leur père, dont c'était le métier. Un métier qui les rangeait parmi les couches les plus pauvres de la population, et ils eurent plus d'une fois à subir humiliations et quolibets de la part de concitoyens snobs et peu charitables. Celle qui en souffrait le plus était Lila, remarquable à la fois par sa beauté et son excentricité, mais...

"Océan mer" - Alessandro Baricco

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Quand un chat de biblio rencontre un autre chat de biblio (avec Zaph ). -Tiens, salut Zaph. J'étais justement en train de penser à toi : je viens de terminer un roman d'Alessandro Baricco, "Océan mer", et je me faisais la réflexion que c'est un livre qui te plairait sûrement. - Bonjour Ingannmic. Non mais attends ! C'est dingue, ça ! Moi aussi je viens de terminer ce roman, et tu ne devineras jamais : je me disais justement que je devrais te le prêter ! Alors, tu as aimé, je suppose ? -Beaucoup, c'est même un coup de cœur ! J'avais lu, il y a assez longtemps, "Châteaux de la colère", du même auteur, que j'avais aimé aussi, mais j'avais oublié à quel point Baricco a une écriture enchanteresse, à la fois drôle et poétique. -Oui, poétique, drôle et légère, un vrai plaisir. Et dis-moi, qu'as-tu pensé de l'histoire ? J'aurais beaucoup de difficulté à la résumer, elle part un peu dans tous les sens. Ou plutôt, il y ...

"Le nom des morts" - Stewart O'Nan

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Ingannmic fan d'O'Nan.   Larry Markham est un vétéran du Vietnam… Là, vous vous dîtes : « et voilà, un récit de plus sur l’un de ces pauvres bougres suicidaires qui noient dans l’alcool les réminiscences des horreurs vécues, dont la vie est définitivement foutue, ou qui est devenu psychopathe… » Et là je vous réponds : « vous, vous ne connaissez pas Stewart O’Nan ! ». Stewart O’Nan n’a pas besoin de faire dans le sensationnel ou dans le larmoyant, pour que ses romans soient touchants et passionnants. Il sait écrire sur la douceâtre amertume dont est parfois paré le quotidien, sur les complications et les désillusions inhérentes aux relations que l’on a avec autrui, et tout cela presque sans en avoir l’air. C’est juste que ses personnages, bien qu’ils n’aient pas du tout vécu les mêmes expériences que nous, nous ressemblent terriblement. On se reconnaît dans leurs doutes, leurs faiblesses, et surtout dans cette énigmatique volonté de continuer à avancer, en dépit de...

"Le chant de Salomon" - Toni Morrison

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Envol vers la liberté. Il s’appelle Macon Mort, comme son père et son grand-père, qui s’est vu attribué ce patronyme lors de son affranchissement par un officier de l’état civil ivre. Sa mère, Ruth, est la fille du médecin noir le plus célèbre de la région… Il mène au sein de sa famille une existence privilégiée et confortable, loin des préoccupations du reste de la population noire, en butte au racisme exacerbé de l’époque (années 1940/1960). A l’aube de la quarantaine, célibataire, travaillant dans l’affaire immobilière de son père, lui viennent des envies d’ailleurs. La recherche d’un hypothétique trésor en Virginie finit par se transformer en pèlerinage familial, sur la trace des enfants que furent son père et la sœur de celui-ci, la tante Pilate. Il est très difficile de donner une idée de ce roman en le résumant. Toni Morrison a un style qui surprend au départ, mais par lequel on se laisse prendre petit à petit, et qui finit par vous accrocher de façon quasi hypnotique...

"La fin des temps" - Haruki Murakami

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Au pays des merveilles sans merci... Ce roman nous plonge, en alternance, au cœur de deux mondes. Dans l’un, un vieux savant farfelu charge un informaticien de coder les programmes relatifs à ses travaux ultra secrets et, selon leur auteur, d’une importance capitale. Dans l’autre, le narrateur est nouveau venu au sein d’une mystérieuse cité ceinte de hautes murailles, de laquelle seuls peuvent sortir les troupeaux de licornes qui y vivent. Au fil du récit, le lien va se faire de plus en plus étroit entre ces deux univers, jusqu’à l’ultime fusion… Je considère Murakami comme un magicien : dans chacun de ses récits, il déploie une imagination fabuleuse, au sens propre comme figuré du terme. Ainsi que je l’ai déjà mentionné (sur l'ancien forum), lire l’un de ses romans, c’est comme entrer dans un rêve : on a l’impression d’évoluer dans le monde réel, et puis survient un événement surnaturel ou juste une légère anomalie qui nous détrompent, mais de façon très subtile...

"Galápagos" - Kurt Vonnegut

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Le narrateur de ce roman est un fantôme, qui nous « parle » depuis un futur d’un million d’années, pour nous conter les événements survenus en 1986 : d’une part la quasi extinction de la race humaine, et d’autre part le naufrage de quelques individus sur une île des Galápagos, dont certains deviendront les ancêtres de l’humanité à venir. Ce qui surprend d’abord chez Vonnegut, c’est un style particulier, car émaillé de quelques bizarreries ; celle, par exemple, de placer les éléments de ses phrases et d’utiliser la ponctuation de façon fantaisiste. De même, le ton est tantôt faussement ingénu, tantôt inutilement alambiqué. L’impression qui en ressort, c’est que Vonnegut joue avec les mots et la syntaxe, et, en ce qui me concerne, j’ai trouvé cette lecture très ludique, ce qui peut paraître paradoxal dans la mesure où le fond du récit est finalement plutôt sérieux, voire lugubre… L’auteur, d’une façon qui peut presque passer pour fortuite, fustige à la fois la bêtise huma...