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Affichage des articles associés au libellé Le mois de l'Europe de l'Est

"Les cerfs noirs" - Inga Ābele

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"Laisse tomber tes menaces, Auguste, la pisse de chat comme on sait ne coule pas vers le haut." Encore une découverte due à Passage à l'Est , dont le blog est une véritable mine d'idées originales. Me voici donc partie pour une contrée littérairement inconnue, à l'occasion d'une incursion certes brève ("Les cerfs noirs" étant une courte pièce de théâtre) mais néanmoins prenante. Le lecteur est comme projeté dans l'épisode mis en scène par Inga Ābele, au cœur d'un huis-clos à l'ambiance pesante. Nous sommes à Rasa Panemune, coin reculé de Lettonie, royaume forestier boueux, battu par le vent et le froid. Dans la salle à manger d'une maison isolée, nous faisons connaissance avec la famille Alster : Alf, son épouse Nadine, et sa fille adolescente Ria.  D'autres personnages orbitent autour de ce trio, dont Papi, aïeul robuste et grincheux, et Auguste, une vieille connaissance d'Alf, qui surgit à l'improviste, et s...

"L'Outil et les Papillons" - Dmitri Lipskerov

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Démembrement... Avec Dmitri Lipskerov, le monde se transforme en une gigantesque farce... pour qui aura lu " Le dernier rêve de la raison ", du même auteur, la surprise sera sans doute moindre face aux péripéties qui nous sont ici contées, toutes plus incroyables les unes que les autres. Quant à ceux qui le découvrent, il n'y a plus qu'à leur souhaiter la bienvenue dans ce univers qui est certes bien le nôtre, mais semble avoir subi quelques distorsions... Arséni Andréiévitch Iratov se réveille un beau matin amputé de son pénis. Pour cet homme séduisant et dégourdi accoutumé à la réussite, le choc est rude. Il faut dire qu'Arséni a par ailleurs toujours été un chaud lapin, dont les exploits sexuels passés ont disséminé ici et là quelques enfants illégitimes... Depuis, il s'est rangé sans regrets, ayant épousé la belle Véra, qui lui rend aussi bien l'amour profond que l'attirance charnelle qu'il éprouve pour elle. Et si, aidé par une baisse c...

"L'empire de Nistor Polobok" - Iulian Ciocan

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Au bord du gouffre. " Sexagénaire trapu à la barbe en fil barbelé poivre et sel ", Nistor Polobok est chef du cabinet Architecture-Urbanisme-Cadastre à l'hôtel de ville de Chișinău. Comme tous ses pairs, il a bâti sa fortune sur la corruption. Il vit dans une maison digne d'un palais et possède une BMW avec chauffeur, signes extérieurs de richesse qui exhaussent l'amertume résignée des moins bien lotis.  En rentrant chez lui après une journée de travail (consistant en l'obtention d'un dessous-de-table de 3000 euros pour avoir autorisé la construction d'une station-service dans un petit parc du centre-ville), il se tord la cheville sur une fissure apparue sur le trottoir devant sa maison, événement contrariant mais anodin au vu de de ce qui s'annonce... Car cette fissure s’agrandit inexorablement, devient crevasse, malgré les interventions des ouvriers venus la combler. Bientôt, elle menace sa maison. Nistor fait des rêves qui le hantent ...

"Les enfants de Hansen" - Ognjen Spahić

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"La laideur du corps favorise peut-être l'expression de l'autre laideur, celle enracinée au tréfonds de chaque être." Ils sont atteints d'une maladie d'un autre temps, qui n'a pas été totalement éradiquée, et envers laquelle les comportements n’ont guère évolué. Dans la dernière léproserie d'Europe, au sud-est de la Roumanie, ils vivent en reclus, rejetés par le monde. Parmi eux, un ex-agent secret américain ; un homme né au début du siècle, interné depuis 1928, dont tous les camarades ont été exécutés par les allemands ; une vieille femme (la seule de l’établissement) ayant connu le goulag… Ils sont treize, y compris le narrateur, tacitement considéré comme leur chef, car il est celui dont les organes génitaux sont le moins touchés. Il partage sa chambre avec Robert, l’américain, qui a su conserver son caractère débonnaire et généreux ainsi que sa dignité, portant sa croix en s'efforçant de ne pas devenir une maladie à forme humaine plutôt ...

"L'été où maman a eu les yeux verts" - Tatiana Ţîbuleac

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"Pourquoi maman ne s'est-elle pas mise à mourir plus tôt ?" Voilà incontestablement mon deuxième coup de cœur de ce Mois de l’Europe de l’Est 2020. L’entrée dans le récit est abrupte : le narrateur nous prend à froid, en exprimant avec force sa haine pour une mère " petite et grosse, bête et laide ", qu’il rêve de tuer. Une mère qui bouleverse le projet qu’il devait concrétiser à la fin de sa scolarité dans un établissement spécialisé -un séjour à Amsterdam avec deux de ses camarades-, en l’emmenant passer les mois de juillet et août dans une maison du sud de la France. Ce seront ses dernières vacances, puisque, ainsi qu’elle le lui annonce, elle est malade, et sur le point de mourir.  C’est avec un recul de plusieurs années qu’il évoque cet été, comme on le comprend au fil du récit, écrit dans le cadre d'une psychothérapie. Devenu peintre, et célèbre, il reste hanté par le traumatisme d’une enfance marquée par la perte et la culpabilité, plac...

"De joyeuses funérailles" - Ludmila Oulitskaïa

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"Servez-nous de la vodka dans des verres en carton". Le titre du roman de Ludmila Oulitskaïa exprime merveilleusement l’apparente contradiction de son propos, la mort y côtoyant une joyeuse effervescence. L’auteur y met en scène des représentants de la diaspora russe, installés aux Etats-Unis, qui se retrouvent au chevet d’Alik, gravement malade, dont les jours sont comptés. On trouve là ses proches : sa femme Nina, fragile et superstitieuse, voire stupide ; sa maîtresse Valentina ; l’une de ses ex, Irina, accompagnée de sa fille surnommée Tee-shirt, une gamine anciennement mutique que seul Alik a su faire parler. Mais grouille aussi une foule de quidams dont le lien avec le futur défunt est plus ou moins lointain, parmi lesquels son médecin, une guérisseuse qui encombre la chambre de ses flacons aux plantes miraculeuses, un prêtre -Nina ayant insisté pour que son époux se fasse baptiser avant de quitter ce monde- et un rabbin -l’intéressé ayant accepté à condition que...

"Dans le noir" - Svetlana Velmar-Janković

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"De nouveau, deux présents éloignés dans le temps, deux points très éloignés l'un de l'autre se croisent, ou plutôt se confondent". Ma lecture de "Dans le noir", roman de l'autrice serbe Svetlana Velmar-Janković que je découvre avec ce titre, a été, malgré sa passionnante thématique, rendue poussive par une écriture que j'ai trouvée bavarde, et un procédé narratif qui m'a laissé perplexe... Début des années 1980. La narratrice, Milica Pavlović, une bourgeoise octogénaire, revient sur une période de sa vie concomitante avec l'occupation allemande de la Yougoslavie pendant laquelle la Serbie fut dirigée par un gouvernement fantoche et collaborationniste puis avec la prise de pouvoir par les communistes. Son mari, le Professeur Pavlović, éminent critique et historien d'art est alors arrêté et ses biens confisqués par des représentants du nouveau pouvoir, en l'occurrence l'ex-concierge de leur immeuble, l'épicier d...

"Dernière nuit d'amour, première nuit de guerre" - Camil Petrescu

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"On ne devient intéressant en tant que spécimen de l'espèce humaine qui si on est tué en même temps que des dizaines de milliers d'autres". 1916. Le narrateur, Stefan Gheorghidiu, vingt-trois ans, a récemment été mobilisé suite à l'entrée en guerre tardive de la Roumanie. Obnubilé par l'obtention d'une permission qui lui permettra d'honorer un rendez-vous crucial, il se montre très insistant auprès de ses supérieurs... C'est Ela, sa femme, qu'il doit retrouver à Câmpulung, une ville voisine. En revenant sur leur tumultueuse union, il nous éclaire sur l'empressement anxieux avec lequel il attend cette rencontre. Les époux se sont connus étudiants, et mariés assez vite. A la suite d'une sordide histoire d'héritage, Stefan refusant de faire valoir ses droits par dégoût du conflit et des démarches, leurs rapports se refroidissent. Il est bientôt la proie d'une jalousie maladive, allumée à l'occasion d'un séjour à ...

"La neige de Saint-Pierre" - Leo Perutz

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"Ce que nous appelons la ferveur religieuse et l’extase de la foi, me dit-il un jour ici même, à cette table, offre, en tant que phénomène isolé ou manifestation de masse, presque toujours l’image clinique d’un état d’excitation provoqué par une drogue." Georg Friedrich Amberg se réveille à l'hôpital d'un coma qu'il estime d'une durée de cinq jours en dépit des affirmations du personnel soignant, qui le fixe à cinq semaines. Il en conteste de même les causes, prétendant avoir été blessé par un pistolet lors d'une révolte, et non avoir été victime, en tant que piéton, d'un accident de voiture... Il revient en narrateur sur les événements à l'origine de son hospitalisation. Farouchement poussé à faire des études par la tante sévère et laconique qui s'est occupé de lui après le décès de ses parents, Georg obtient un diplôme de médecine, et trouve son premier poste à Morwede, bourgade de Westphalie isolée et grisâtre, administrée par l...

"Dieu, le temps, les hommes et les anges" - Olga Tokarczuk

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"Si toutes les femmes se mettaient d'accord pour n'accoucher que de filles, il y aurait la paix dans le monde". Il est des textes qui vous enchantent... qui vous emportent avec évidence, avec naturel, dans le flux de leur musicalité, qui vous subjuguent par leur capacité à faire se volatiliser les barrières entre profondeur et légèreté, entre magie et prosaïsme. ****** Difficile, donc, de définir le deuxième roman d'Olga Tokarczuk. Disons, pour simplifier, qu'il s'agit d'une chronique. La chronique d'Antan, " endroit situé au milieu de l'univers " -plus précisément en Pologne-, et dont le territoire s'étend, aussi bien du sud au nord que d'est en ouest, sur une distance qui se parcourt en une heure de marche, un archange veillant sur chacune des frontières qui, aux quatre points cardinaux, le délimite. Deux rivières le parcourt, la Noire et la Blanche, qui s'unissent au pied de son Moulin. Antan compte par...

"La tranquillité" - Attila Bartis

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"On ne peut pas dire de sa mère qu'elle est folle. Qu'elle regarde la télé même après la fin des programmes, qu'elle fait installer de plus en plus de chaînettes de sécurité sur sa porte, qu'elle se lève au milieu du repas comme pour aller chercher une serviette, mais qu'elle casse le téléphone à coups de marteau, puis qu'elle se rassied pour finir sa soupe de tomates". "La tranquillité", roman acquis par hasard -convaincue par une jolie couverture et une quatrième intrigante- lors d'un déstockage de la médiathèque municipale, traînait sur mes étagères depuis plusieurs années. Je crois même l'avoir commencé, et avoir jeté l'éponge après une trentaine de pages... Le Mois de l'Europe de l'Est était l'occasion de faire une nouvelle tentative. Je ne regrette pas ma persévérance, car j'ai beaucoup aimé ce récit, original et au final très prenant, une fois que l'on s'est accoutumé à la nature déstructurée ...

"Mères" - Théodora Dimova

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A l'occasion d'un déplacement sur Paris pour la journée, me voilà chez Gibert (quel curieux hasard), munie de la liste de titres qui ne quitte jamais mon portefeuille. Ravie d'être tombée sur un exemplaire à moins de 3€ de "La rouille" d'Eric Richer ( noté chez The Autist Reading ) et  ayant terminé à l'aller le roman de Krasnahorkai que j'avais en cours, je m'autorise à  ajouter un, voire plusieurs ouvrages à mon panier... Attirée par la couverture de "Mères", mis en évidence sur un étal, puis tentée par le fait que je n'ai jamais lu d'auteur bulgare, enfin définitivement convaincue par la perspective d'ajouter une participation au Mois de l'Europe de l'Est, je rafle illico l'ouvrage, dévoré lors du trajet retour en train...  J'aime être emportée par une lecture imprévue, être surprise par un auteur inconnu, comme cela a été le cas avec ce titre. Il faut dire que l'écriture de Théodora Dimova dégag...

"Tango de Satan" - László Krasznahorkai

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"Tout fonctionne sans raison, sans finalité, sous la contrainte d'une interdépendance et d'un flottement sauvage, intemporel, et seule notre imagination - et non nos sens, condamnés à l'échec perpétuel- nous soumet à la tentation en nous faisant croire que nous pouvons nous libérer des griffes de la misère". László Krasznahorkai est de ces écrivains dont on reconnait l'écriture si caractéristique dès les premières pages. Ce qui fait qu'au moment d'écrire un billet après avoir lu un de ses titres, j'ai toujours l'impression de me répéter. Et si le flux de "Tango de Satan" est un peu moins torrentiel, un peu plus linéaire que dans certaines autres de ses œuvres, on y retrouve bien le magnétisme qu'exerce le rythme lancinant de son texte, et cette atmosphère de grise mélancolie, aux accents cauchemardesques, dont il a coutume de plomber ses intrigues. Ici, elle prend pied dans la déliquescence stagnante d'une "exp...

"Tarass Boulba" - Nicolas Gogol

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"L'avenir est inconnu; il se tient devant l'homme, semblable à l'épais brouillard qui s'élève des marais. Les oiseaux le traversent éperdument, sans se reconnaître, la colombe sans voir l'épervier, l'épervier sans voir la colombe, et pas un d'eux ne sait s'il est près ou loin de sa fin." Tarass Boulba est un fier cosaque, plus précisément un cosaque zaporogue, du nom de la caste de soldats qui contribuèrent à rattacher à la fin du XVIIe siècle la Petite-Russie ukrainienne à l'Empire russe, un digne représentant -presque un symbole- de l'ardeur guerrière que réveillèrent les ravages provoqués par les incursions mongoles dans la Russie méridionale. C'est un homme au caractère rude, entier, et belliqueux, aimant le fruste mode de vie des cosaques, et un défenseur acharné de l'église russe orthodoxe. Quand ses deux fils Ostap et Andry rentrent du séminaire, où ils ont acquis discipline et un minimum de vernis social, il estim...

"L'Homme au canon" - Dritëro Agolli

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" Il ne faut jamais placer un fusil chargé sur scène s'il ne va pas être utilisé. C'est mal de faire des promesses que l'on n'a pas l'intention de tenir " (Lettre de Tchekhov à Alexandre Semenovitch Lazarev). Cette allégation serait à l'origine du principe dramaturgique que l'on désigne comme "le Fusil de Tchekhov", selon lequel chaque détail mémorable dans un récit de fiction doit être nécessaire, irremplaçable et ne peut être supprimé. Dritëro Agolli respecte bien, ici, ce principe. Son canon, qui apparaît dès l'entame de son récit, va y jouer un rôle primordial, presque le rôle principal. Début des années 40. Mato Gruda vit à Arun, dans les montagnes albanaises, avec sa femme Zara, leurs deux fils et sa tante Esma. Il trouve dans la forêt un canon de l'armée italienne, mise en déroute par les allemands après la rupture de l'alliance entre leurs deux pays. Il décide de le dissimuler, il pourrait en effet lui êtr...

"La Saga de Youza" - Youozas Baltouchis

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Une réconfortante rusticité. A la mort de leur père, Youza demande à son frère Adomas de disposer du domaine familial situé sur le Kaïrabalé, au grand étonnement de ce dernier : que va faire Youza sur ce marécage où personne n'a jamais eu l'idée de s'installer, où les familles qui y détiennent des parcelles ne se rendent qu'à la belle saison pour y ramasser des canneberges et aux premiers gels pour y récupérer le foin qu'ils y ont laissé à sécher ? Comment compte-t-il tirer sa subsistance de ces collines envahies de genévriers noirs et de pins rachitiques, de ces petits îlets bombés entourés d'eaux prises, l'hiver, par les glaces ? Et quelles sont les obscures raisons qui le poussent à s'éloigner de la communauté des hommes ? Est-ce le dépit provoqué par les noces de la belle Vintsiouné, dont il est épris, avec Stonkous, un riche paysan ? Peu importe. Youza emporte, sur l'insistance de son frère -car lui ne réclamait que les vieilles rosses ...

"Le marquis de Bolibar" - Leo Perutz

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"C'est alors que la folie s'empara de nos âmes". Les mémoires d'Edouard de Jochberg, gentilhomme propriétaire foncier, individu peu sociable, insignifiant, nous sont présentés comme étant à l'origine du récit. Leur lecture, à la mort de leur auteur, suscita une vive surprise en apportant un  éclairage inattendu sur un épisode obscur de l'histoire prussienne : la destruction totale, pendant la guerre d'indépendance d'Espagne, des régiments de Nassau et du prince de Hesse par des rebelles espagnols. 1812. Jochberg, alors âgé d'à peine vingt ans, est engagé dans la ligue du Rhin, alliée de la France de Bonaparte, et aux côtés de l'armée napoléonienne dans sa lutte contre les guérillas espagnols. Son régiment se retrouve ainsi à La Bisbal, bourgade -imaginaire- des Asturies, à traquer les rebelles  commandés par le colonel Saracho, surnommé "La fosse à tanner". Le Marquis de Bolibar, vieillard aux étranges lubies, figure respec...

"Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par des chemins, à l'est par un cours d'eau" - László Krasznahorkai

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Jardin secret. Je continue ma découverte de László Krasznahorkai, dont le roman "Guerre et guerre" m'avait bouleversée, avec ce court texte au long titre dont l'énigmatique précision est bien à l'image de cette étrange histoire. L'histoire d'une quête, celle du petit-fils du prince Genji -il ne sera jamais désigné par son propre nom- qui, depuis qu'il a découvert dans un ouvrage l'illustration d'un jardin représentant à ses yeux une forme de perfection, n'a plus qu'une obsession : le trouver. Les recherches jusqu'alors menées dans ce but se sont révélées infructueuses. Cette fois, il a décidé de se rendre lui-même là où pourrait bien l'attendre ce jardin idéal. Pénétrant ainsi dans l'enceinte d'un monastère isolé, il découvre des lieux déserts, à l'architecture parfaitement ordonnancée, et protégé, conformément à d'ancestraux rituels de construction, " au nord par une montagne, au sud par un lac, ...

"L'héritage d'Esther" - Sándor Márai

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Le retour de l'amant prodigue. Ce sont des retrouvailles sans doute un peu tendues qui attendent Esther en ce dimanche : elle attend la venue de Lajos, qu'il lui a annoncée par courrier, après vingt ans d'absence. On comprend d'emblée, Esther étant la narratrice, que son histoire avec Lajos fut douloureuse. Ce dernier est présenté comme un menteur, prodigue en promesses jamais tenues. Mais il a aussi laissé le souvenir d'un être charismatique, d'un aventurier beau parleur et fort séduisant. Ces vingt dernières années, il a mené une vie de bohème avec ses deux enfants, qu'il a eus avec Vilma, la sœur d'Esther décédée depuis longtemps, et qu'il avait épousée pour d'obscures raisons. Esther n'est pas seule, elle est entourée de Nounou, sa vieille gouvernante, et de ceux qu'elle convie chaque dimanche à sa table, notamment son frère Laci et leur ami Gábor, qui ont bien connu Lajos. Ce dernier débarque avec ses enfants désormais a...